+ 17,2% sur un an: les importations européennes de gaz naturel liquéfié russe ont progressé en début d’année alors que l’UE veut couper le robinet d’ici à l’automne 2027

par ludovic



L’exportation de gaz naturel liquéfié constitue une source majeure de financement pour l’effort de guerre russe en Ukraine, ce qui incite l’Union européenne à vouloir diminuer ses achats auprès de Moscou.

Ce vendredi 8 mai, une organisation environnementale a dénoncé le fait que l’Union européenne a accru ses importations de gaz naturel liquéfié en provenance de Russie depuis le début de l’année, alors que Bruxelles s’est engagée à mettre fin à toute importation de gaz russe d’ici la fin 2027.

L’ONG allemande Urgewald s’est appuyée sur les chiffres de l’entreprise d’analyse maritime Kpler pour comptabiliser 91 cargaisons acheminées en Europe depuis le terminal russe de Yamal entre janvier et avril. Ainsi, les volumes européens de gaz naturel liquéfié (GNL) russe importés ont augmenté de 17,2 % par rapport à la même période en 2025, passant de 5,71 millions de tonnes à 6,69 millions de tonnes.

La Commission européenne met en avant le recul sur le long terme

Cette évolution va à l’encontre de la stratégie annoncée par l’Union européenne, qui vise à stopper définitivement ses importations de gaz russe d’ici l’automne 2027, dans le but de priver la Russie de ressources qui soutiennent la guerre en Ukraine. Bruxelles admet en revanche une hausse modérée des importations de GNL russe en provenance de Yamal début 2026, attribuable à une demande gazière européenne plus forte constatée en 2025.

Questionnée à ce sujet, la Commission européenne n’a pas établi de lien direct avec la situation au Moyen-Orient depuis la fin février ni avec la fermeture du détroit stratégique d’Ormuz, par lequel transite habituellement près de 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié.

L’exécutif européen préfère mettre en avant la réduction significative de sa dépendance globale au gaz russe (gazoduc et GNL confondus) sur le long terme. Cette part représentait 45 % de l’ensemble des importations de l’UE en 2021, contre seulement 12 % en 2025.

Alors que l’Europe s’est attachée à limiter ses importations par gazoduc, elle s’est partiellement tournée vers le GNL, livré par navires, déchargé dans les ports, regazéifié et injecté dans le réseau européen. Les États-Unis, qui fournissent désormais 60 % des importations, constituent la première source de GNL pour l’Union européenne. Depuis début 2026, la Russie représente 17 % du total, devant le Nigeria (6 %) et le Qatar (6 %).



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