Par
Reuters
Traduit par
Anne SCHILLING
Publié le
12 mai 2026
Estée Lauder a conclu un accord de 210 millions de dollars, soit 178 millions d’euros, pour mettre fin à une action en justice l’accusant d’avoir trompé ses actionnaires en dissimulant sa dépendance excessive à des ventes parallèles irrégulières sur le marché chinois.
Un accord transactionnel préliminaire entièrement en numéraire dans le cadre de l’action collective proposée a été déposé jeudi devant le tribunal fédéral de Manhattan, et doit être approuvé par le juge fédéral américain Arun Subramanian.
L’affaire portait sur une pratique connue sous le nom de « daigou », dans laquelle des revendeurs achètent des produits de luxe à bas prix en franchise de droits, puis les revendent à des consommateurs à des prix inférieurs à ceux du marché.
Les actionnaires affirment que l’entreprise dépendait fortement du « daigou », notamment dans la province de Hainan, après le début de la pandémie de Covid-19, et qu’elle avait attendu trop longtemps avant de révéler que la répression de cette pratique par les autorités chinoises en janvier 2022 avait eu un impact négatif sur ses ventes.
Selon eux, le groupe new-yorkais a dissimulé la vérité jusqu’au 1er novembre 2023, provoquant une chute de 19 % de son titre et l’effacement d’environ 8,7 milliards de dollars, soit près de 7,4 milliards d’euros, de capitalisation boursière.
Estée réalise environ un cinquième de son chiffre d’affaires en Chine continentale. L’entreprise a réfuté toute faute en acceptant de conclure un accord transactionnel et a indiqué que ses assurances prendraient en charge une partie des frais en découlant.
Estée Lauder n’a pas donné suite aux demandes de commentaires pour le moment. Le juge Subramanian avait rejeté en mars 2025 la demande de Estée Lauder visant à faire classer l’action en justice, reprochant à l’entreprise d’avoir mis en avant les raisons de son succès « tout en passant sous silence les éléments de vérité qu’elle jugeait gênants ».
Les actionnaires sont représentés par trois fonds de pension publics du Michigan. Selon des documents judiciaires, leurs avocats prévoient de réclamer jusqu’à 32 % du fonds de règlement, soit 67,2 millions de dollars, soit un peu plus de 57 millions d’euros, au titre de leurs honoraires.
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