Par
AFP
Publié le
21 avril 2026
Changement inattendu à la tête d’Apple : après quinze années à la direction, Tim Cook cède sa place à John Ternus, un cadre issu de l’entreprise, qui devra notamment combler le retard du groupe dans le domaine de l’intelligence artificielle.
Bien que John Ternus, 50 ans, qui supervisait jusqu’à présent les produits matériels du groupe, de l’iPhone au Mac, était pressenti comme successeur, l’annonce de cette transition par un simple communiqué a pris tout le monde de court par sa rapidité.
Employé chez Apple depuis 2001, il rejoint désormais le conseil d’administration, tandis que Tim Cook, âgé de 65 ans, en devient le président exécutif.
Arrivé dans l’entreprise en 1998, Tim Cook avait été nommé directeur général en août 2011, succédant au légendaire Steve Jobs, alors gravement affaibli par un cancer du pancréas qui l’emportera quelques semaines plus tard.
Moins flamboyant que Steve Jobs, cet ingénieur originaire d’Alabama (sud des États-Unis) a piloté Apple vers une croissance exceptionnelle.
Entre 2011 et 2025, la société basée à Cupertino (Californie) a vu son chiffre d’affaires pratiquement quadrupler (+260%) et sa valorisation s’envoler par treize, dépassant désormais les 4 000 milliards de dollars, ce qui en fait la troisième plus grande entreprise mondiale.
Dans le même temps, la richesse personnelle de Tim Cook a suivi l’évolution d’Apple, atteignant 2,9 milliards de dollars selon Forbes.
Certains détracteurs lui ont reproché de ne pas avoir présenté de produit aussi révolutionnaire que l’iPod ou l’iPhone sous l’ère Jobs. Les seules grandes nouveautés à son actif sont l’Apple Watch, lancée en 2015, et le casque de réalité virtuelle Vision Pro en 2024, dont les performances commerciales ont déçu.
Négociateur
Pourtant, le dirigeant aux cheveux blancs et au regard posé s’est illustré dans d’autres domaines, notamment en renforçant les logiciels au sein d’une entreprise historiquement axée sur le matériel.
Il a notamment contribué à la montée en puissance des services. Ce secteur, comprenant l’App Store, les plateformes de streaming musical (Apple Music) et vidéo (Apple TV), ainsi que le service de stockage en ligne (iCloud), est aujourd’hui devenu le principal moteur de croissance d’Apple.
« Le leadership hors pair de Tim a permis à Apple de devenir la meilleure entreprise du monde », a salué Arthur Levinson, président du conseil d’administration depuis 15 ans, qui transmettra son poste tout en restant membre du conseil.
Tim Cook s’est également illustré par son talent en négociation et par sa capacité à anticiper. Il a notamment permis à l’entreprise de sortir sans encombre des perturbations logistiques liées à la pandémie de Covid-19, et de naviguer habilement entre les tensions géopolitiques de l’an passé, en particulier dans le contexte de rivalité entre les États-Unis et la Chine, un marché clé pour Apple.
Toutefois, Tim Cook et son équipe n’ont pas su prendre le virage de l’intelligence artificielle générative, marqué par l’arrivée de ChatGPT en novembre 2022.
Depuis lors, Apple tente de rattraper les principaux acteurs du secteur, mais n’a pas encore réussi à intégrer pleinement les dernières avancées de l’IA à son produit phare, l’iPhone, qui attend toujours une version améliorée de l’assistant vocal Siri.
La nomination d’un dirigeant issu de l’interne n’étonne pas, Apple mettant un point d’honneur à préserver sa culture d’entreprise unique.
Cependant, cette annonce intervient à moins de deux mois de la célèbre conférence annuelle d’Apple, la Worldwide Developers Conference (WWDC), début juin, où le géant californien doit précisément présenter ses avancées en intelligence artificielle.
« Cook doit sûrement estimer que le moment est venu de transmettre le flambeau avant le WWDC », a expliqué à l’AFP Dan Ives, analyste chez Wedbush Securities, qualifiant cette transition de « décision soudaine ».
Selon lui, l’ancien PDG « laisse une marque indélébile » sur l’entreprise, tandis que John Ternus devra « relever un défi majeur pour réussir ses débuts, notamment sur l’IA ».
Après la clôture de Wall Street, le titre Apple ne reculait que légèrement dans les transactions électroniques (-0,42%).
San Francisco (États-Unis) (AFP)
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