Trois jours après la mort du sociologue et philosophe Edgar Morin, l’Élysée a annoncé ce lundi qu’un hommage national lui sera rendu mercredi aux Invalides, à Paris.
L’Élysée a annoncé ce lundi 1er juin qu’un hommage national sera rendu à Edgar Morin mercredi, aux Invalides, à Paris. Le sociologue et philosophe est mort vendredi 29 mai à l’âge de 104 ans.
Emmanuel Macron présidera cette « cérémonie d’hommage de la Nation » qui aura lieu dans la cour du Dôme et non dans la cour d’honneur pavée des Invalides, comme le veut la tradition, en raison de travaux, a ajouté l’Élysée.
Samedi, le chef de l’État avait salué la mémoire d’un « soldat de la Résistance, militant et affranchi, écrivain et penseur du siècle, défenseur de la nature et des peuples », qui était « l’humanisme fait personne ».
« Avec sa bienveillance, sa curiosité, il ne cessait de nous éclairer. Pensée complexe, vie féconde, esprit universel », avait ajouté le chef de l’État.
De son vrai nom Edgar Nahoum, le sociologue est né dans une famille juive originaire de Salonique en Grèce, émigrée à Paris. En 1941, il a rejoint le Parti communiste et est entré dans la Résistance sous le pseudonyme de Morin.
Figure majeure de la vie intellectuelle et médiatique française et voix respectée à gauche, Edgar Morin a écrit une quarantaine d’ouvrages, largement traduits.
Présent et écouté dans le débat intellectuel
Parmi eux, « Autocritique » (1959), qui relate son exclusion du PCF et ses propres aveuglements face au stalinisme, « La Rumeur d’Orléans » (1969), sur une rumeur antisémite, « La méthode » (1977-2004), son oeuvre majeure en six volumes, et plusieurs livres sur l’écologie, thème qui lui tenait à coeur.
À la fois historien, philosophe et scientifique, il a tenté de briser les frontières entre les disciplines, refusant la parcellisation de la connaissance, au profit d’une vision culturelle et scientifique pluridisciplinaire. Malgré son grand âge, il était toujours présent et écouté dans le débat intellectuel, et les médias étaient friands de sa parole.
