Un homme a été mis en examen après avoir envoyé à une fillette une photographie intime et après lui avoir demandé d’effectuer des gestes sexuels sur Xooloo, une messagerie dédiée aux enfants.
Sur le site internet de Xooloo, un terme revient à plusieurs reprises, celui de «sécurité». Cette messagerie pour enfants promet de permettre aux plus petits de communiquer en toute protection avec uniquement les personnes préalablement invitées, grâce à un numéro de téléphone, un mail ou un «code ami». Pourtant, sa sûreté a été mise à rude épreuve.
Un pédocriminel présumé a réussi à s’infiltrer dans le système, en se faisant passer pour une fillette, rapporte Le Progrès, dimanche 16 août. Les faits se seraient déroulés en février, lorsqu’une enfant inscrite sur la messagerie reçoit une demande d’invitation de la part d’une certaine Coraline Lin, prétendument âgée 10 ans.
une Photographie intime envoyée
Les deux discutent mais l’échange prend rapidement une tournure dérangeante. Après moins d’une heure de conversation, l’homme lui envoie une photographie intime. Il lui demande en retour un cliché de son visage, ce qu’elle accepte et lui réclame d’effectuer des gestes sexuels, ce qu’elle refuse.
Au moment de rendre son téléphone à sa mère, elle lui avoue avoir «beaucoup parlé avec quelqu’un» et lui montre ces échanges. Sa mère raconte dans La Provence avoir porté plainte auprès de la gendarmerie d’Andrézieux-Bouthéon.
Grâce aux messages sauvegardés automatiquement dans le logiciel, l’homme a pu être mis en examen pour corruption de mineur par une personne mise en contact, sollicitation par un majeur pour la diffusion ou la transmission de son image et incitation à commettre un acte de nature sexuelle par l’intermédiaire d’un moyen de communication électronique. L’individu vivrait dans la région Lyonnaise et ne travaillerait pas au contact d’enfants.
Un cas isolé ?
Xooloo et les enquêteurs tentent aujourd’hui de savoir comment l’inconnu s’est infiltré dans l’application. Selon la mère de l’enfant, le suspect aurait pu entrer en contact avec sa fille grâce à un système de relations communes. Le numéro de la fillette aurait pu être suggéré sur l’application par le biais d’une connaissance enregistrée.
Le créateur de l’application, Grégory Véret, affirme qu’il s’agit du premier cas de ce type depuis le lancement de Xooloo Messenger en 2019. L’enquête devra déterminer s’il s’agit réellement d’un cas isolé.
De son côté, la Haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, a dénoncé dans un communiqué une affaire «glaçante». Les prédateurs «dupent. Ils trichent. Ils s’infiltrent. Ils sont partout. Aucune faille ne peut être tolérée. Protéger les enfants, c’est traquer les prédateurs sans relâche».
