Ce 11 août 2026, Inès de la Fressange souffle ses 69 bougies. L’ancienne égérie Chanel, devenue une figure incontournable du monde de la mode, cultive depuis longtemps une passion dévorante pour la Provence.
Une région où elle a vécu un véritable coup de foudre immobilier, transformé bien plus tard en feuilleton judiciaire retentissant.
« En arrivant, je me suis écriée : « J’achète ! » », confiait-elle à propos de sa découverte d’un mas dans la Montagnette, à Tarascon. Mais ce rêve provençal s’est vite heurté à une réalité bien plus contraignante : celle d’une annexe construite sans permis, sur un site naturel protégé, qui lui vaut aujourd’hui une condamnation à démolir.
Un coup de foudre pour la Provence
Née à Saint-Tropez, Inès de la Fressange découvre la Camargue à l’âge de 30 ans, au moment de sa rencontre avec le père de ses enfants. « Je suis tombée amoureuse de la région et du père de mes enfants. Je ne sais même plus dans quel ordre tant les deux sont liés », racontait-elle avec humour, se définissant elle-même comme l’ambassadrice bénévole de Tarascon.
Sur place, ses habitudes changent radicalement. Elle abandonne le rythme parisien pour flâner au marché local, où elle apprécie tomates, fromages de brebis et tapenades. « À Paris ça me rase, il fait trop froid. Celui de Tarascon est parfait », expliquait-elle, évoquant aussi ses balades à cheval chez un ami éleveur et ses habituels pastis avec son amie Mireille.
Cette passion se retrouve jusque dans la décoration de son mas provençal, entre meubles chinés, tissus rayés et céramiques locales. L’architecte Marcelo Joulia a entièrement repensé les espaces, blanchissant les murs pour créer une atmosphère sobre et chaleureuse. « Pour moi, déco et mode ont beaucoup en commun », résumait-elle, fidèle à son sens esthétique reconnu.
Une annexe construite sans permis dans un site classé
Ce tableau idyllique s’est brutalement assombri à partir de 2015. La SCI qu’elle dirige avait fait édifier, en contrebas de la bâtisse principale, une annexe de 100 m² au bord de la piscine, sans permis de construire. Un chantier mené en pleine zone naturelle d’intérêt écologique, floristique et faunistique, un espace classé de la Montagnette.
La justice n’a pas tardé à trancher. Le juge des référés de Tarascon, puis la cour d’appel d’Aix-en-Provence, ont confirmé l’obligation de démolir cette construction, sous peine d’une astreinte de 300 euros par jour. Les magistrats ont dénoncé un « trouble manifestement illicite », pointant défrichements et mouvements de terrain sur ce site protégé.
Le président de l’association ADER, à l’origine de la procédure, n’a pas mâché ses mots à l’époque, évoquant une véritable « stratégie du permis provençal ». « On construit et après on fait tout pour essayer de régulariser », dénonçait-il, estimant que cette pratique bénéficiait souvent aux personnalités influentes de la région, chasseurs, syndicats ou célébrités.
Le maire de Tarascon s’était lui aussi montré perplexe face à cette affaire. « C’est surprenant qu’ils aient procédé de la sorte, ils devaient se douter que quelqu’un s’apercevrait des travaux », confiait l’élu, avant de recevoir les avocats de la mannequin et son compagnon, Denis Olivennes, pour évoquer une possible régularisation. Les avocats de la SCI, de leur côté, avaient dénoncé « les insultes dans la presse » et des intrusions par drones sur la propriété.
Cette bataille juridique a fini par mettre un terme définitif au rêve architectural d’Inès de la Fressange à Tarascon. La bâtisse litigieuse, qualifiée par ses propres avocats de « très joli bâtiment » recouvert de pierre sèche et de végétation, a finalement dû être rasée, mettant fin à des années de procédure entre la mannequin et les autorités locales.
Des tourments judiciaires en cascade
Cette affaire de démolition n’a pas été la seule source de tracas juridiques pour Inès de la Fressange à Tarascon. Son ex-gouvernante, qui logeait dans un mobil-home sur la propriété avec son fils, l’avait attaquée aux prud’hommes pour travail dissimulé et licenciement abusif. Un accord à l’amiable, aux conditions restées confidentielles, a finalement mis fin aux poursuites.
Malgré ces déboires à répétition, l’attachement d’Inès de la Fressange pour la Provence n’a jamais faibli. Elle continue de célébrer cette région où elle trouve, dit-elle, une forme d’émerveillement renouvelé, entre les couchers de soleil de Camargue et l’atmosphère si particulière de Tarascon, malgré les déconvenues administratives essuyées sur place.
Aujourd’hui, si l’ancienne mannequin partage son temps entre Paris et d’autres propriétés régularisées, l’épisode de la Montagnette reste emblématique d’un tempérament bien connu : celui d’une femme suivant ses coups de cœur sans toujours en mesurer, sur le moment, les conséquences réglementaires. Une leçon coûteuse, mais qui ne semble pas avoir entamé sa passion pour cette région du Sud qu’elle continue d’arpenter chaque été.
