Présidentielle 2027: chez les Écologistes, la tentation d’une alliance avec Jean-Luc Mélenchon de retour

par ludovic


Les Verts, qui démarrent leurs universités d’été ce jeudi 20 août à Grenoble, doivent-ils s’allier à La France insoumise dans la course à l’Élysée? Certains cadres du parti, comme Sandrine Rousseau, poussent en ce sens. Un vieux débat.

Les Écologistes, qui débutent ce jeudi 20 août leurs universités d’été à Grenoble, voient comme à chaque présidentielle revenir la tentation d’un soutien au candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon, ravivée par certains cadres du parti, malgré des désaccords profonds notamment sur le plan international.

Alors que le tribun est donné autour de 15% dans les sondages, certains Écologistes plaident pour un accord avec lui et le retrait de la candidature de la cheffe du parti, Marine Tondelier.

Mais pour la députée Léa Balage-El Mariky, sa directrice de campagne, « cette tentation est loin d’infuser dans le mouvement ». « Il n’y a pas de bascule, pas de plébiscite, en dehors des usual suspects » comme la députée Sandrine Rousseau, affirme-t-elle.

En première ligne des LFI-compatibles, Sandrine Rousseau défend depuis plusieurs semaines un rapprochement avec la formation de Jean-Luc Mélenchon, « le mieux placé dans les sondages ».

Cyrielle Chatelain attendue à l’université d’été de LFI

Le président du conseil fédéral des Verts, Waleed Mouhali, y est également favorable, soulignant auprès de l’AFP qu’en période de grande crise climatique, le programme de LFI « ressemble au nôtre et cela va amener les gens à repenser leurs a priori ». Pour lui, 30% des militants écologistes sont partisans d’un tel rapprochement.

D’autant que la cheffe des députés Cyrielle Chatelain a aussi semblé faire un pas vers LFI. Avec 13 parlementaires, elle a appelé début juillet à « sortir du tête-à-tête avec le PS et lancer des discussions avec LFI » et avec les communistes.

Elle se rendra d’ailleurs au rassemblement de rentrée des Insoumis, qui se déroule dans la Drôme cette fin de semaine, tout comme une poignée d’élus, -dont Léa Balage, qui représentera Marine Tondelier.

« Jean-Luc Mélenchon imprime une forme de volontarisme à chaque campagne »

Pas de quoi y voir un quelconque signal, assure l’eurodéputé David Cormand, qui rappelle la présence d’écologistes chaque année chez LFI. Il souligne que cette tentation LFI a lieu à chaque élection, car « Jean-Luc Mélenchon imprime une forme de volontarisme et de dynamique à chaque campagne ».

Le tiraillement est récurrent au sein des Verts qui partagent les mêmes aspirations radicales que les Insoumis, mais sont en désaccord sur les questions européennes et internationales. Ils défendent notamment une Europe fédérale, soutiennent l’Ukraine et s’opposent à la Chine et à la Russie.

Beaucoup de députés ont « un enjeu », le renouvellement de leur mandat, et ils ont donc à cœur de ne pas se fâcher avec LFI, remarque David Cormand.

Yannick Jadot plaide pour rassembler la gauche autour de la « social-écologie »

Mais à ce stade Jean-Luc Mélenchon reste « la candidature qui garantit dans un second tour la victoire de l’extrême droite », relève l’eurodéputé.

À l’inverse, une partie des militants est favorable au PS et à Place publique, comme le sénateur Yannick Jadot, proche de Raphaël Glucksmann, qui lance dans Libération une initiative transpartisane pour rassembler la gauche hors LFI « autour de la social-écologie ».

Mais les Verts sont échaudés par leur dernière tentative de rapprochement avec le PS. Marine Tondelier plaidait, comme le patron du PS Olivier Faure, en faveur d’une primaire pour désigner un candidat commun. Mais les militants PS ont préféré une « primaire fermée » avec Place publique, destinée à mettre sur orbite Raphaël Glucksmann, qui doit se déclarer candidat très prochainement.

Entendre l’eurodéputé répéter qu’il refusera tout accord avec LFI « signifie qu’il prépare une alliance avec le centre », rédhibitoire pour la base écologiste, remarque David Cormand.

Tondelier propose des rencontres bilatérales, fin de non-recevoir de LFI

Pour reprendre la main, Marine Tondelier s’est dite, dans un courrier, « prête à rediscuter avec tout le monde à gauche sans exclusive ».

Certains y ont vu un virage vers Jean-Luc Mélenchon, alors qu’elle estimait il y a quelques mois que « là où est allée LFI, on ne peut pas les suivre ».

LFI a déjà opposé une fin de non-recevoir à ces rencontres bilatérales, évoquant une « perte de temps ». Tout en continuant à marteler un message d’ouverture à ceux qui voudront soutenir Jean-Luc Mélenchon.

Pour David Cormand, le courrier de Marine Tondelier est aussi « un geste envers le PS ».

Mais il semble surtout préparer le maintien d’une candidature autonome de Marine Tondelier, même si elle stagne entre 3 et 5% dans les sondages.

« Si on est vraiment unitaire, soutient David Cormand, on ne peut pas se résoudre à devoir choisir Glucksmann ou Mélenchon, ce qui consacrerait le schisme de la gauche ».



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