SÉLECTION OFFICIELLE – EN COMPÉTITION
Avec Soudain, Ryusuke Hamaguchi propose une curieuse expérience de fiction à vocation thérapeutique. Ce film marque sa troisième participation à la course pour la Palme d’or, après Asako I & II (2018) et Drive My Car (2021, Prix du scénario). Pour la première fois, le cinéaste japonais de 47 ans réalise un « film parisien », à l’image de certains de ses pairs tels que Kiyoshi Kurosawa (Le Secret de la chambre noire, 2016) ou Hirokazu Kore-eda (La Vérité, 2019). Plutôt que de succomber à la tentation de l’exotisme, Hamaguchi saisit l’occasion pour approfondir son exploration du cinéma dialogué, caractérisé par de longues discussions profondes. Pour alimenter ces échanges, il s’est inspiré d’une correspondance japonaise entre la philosophe Makiko Miyano, touchée par un cancer du sein, et Maho Isono, anthropologue médicale.
À la tête d’un Ehpad situé en périphérie de Paris, Marie-Lou (Virginie Efira) s’efforce d’initier son équipe à une approche relationnelle des soins appelée « Humanitude », tout en faisant face aux contraintes économiques imposées par le groupe gestionnaire. Les ressources humaines sont insuffisantes, et la directrice s’investit au point de frôler l’épuisement. Un jour, elle croise la route de Mari (Tao Okamoto), metteuse en scène japonaise de passage à Paris, qui l’invite à assister à sa représentation, une réflexion libre inspirée de l’antipsychiatre italien Franco Basaglia (1924-1980). Entre les deux femmes naît une curiosité, qui se transforme en dialogue. Marie-Lou découvre que la dramaturge lutte contre un cancer en phase terminale. S’ensuit une conversation prolongée entre la Française et la Japonaise, qui s’étire toute la nuit et s’élargit peu à peu à des enjeux personnels, existentiels, sociaux et politiques.
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