Dans « Mi Amor », Guillaume Nicloux met en scène la métamorphose d’une station balnéaire en antichambre de l’horreur

par ludovic


L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

Guillaume Nicloux poursuit une trajectoire cinématographique singulière, imprévisible et inégale, mais toujours empreinte d’audace. Son nouveau long-métrage joue habilement avec les frontières floues des genres et refuse de s’enfermer dans les cases traditionnelles, oscillant entre la gravité du cinéma d’auteur et l’intensité propre au film de genre. Ce dernier opus, issu du réalisateur de La Tour (2023), se distingue par une apparente humilité, qui constitue paradoxalement l’essence de son attrait. Derrière ce qui pourrait sembler une œuvre de série, on découvre un regard unique, légèrement décalé et teinté d’ironie, qui s’attache à quelques caractéristiques marquantes de l’époque contemporaine.

L’intrigue suit Romy (Pom Klementieff), DJ engagée pour animer une soirée techno dans une discothèque d’une station balnéaire des Canaries. Sa compagne de voyage, Chloé, venue oublier un ex-compagnon violent et oppressant, disparaît subitement au cours de la nuit. Dès lors, Romy entreprend de retrouver son amie au sein du microcosme insulaire, une île volcanique transformée en un complexe touristique se rêvant idyllique. Rapidement, le film adopte les codes du polar : enquête, énigme à élucider, progression vers une vérité dissimulée – un parcours narratif balisé mais revisité avec originalité.

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