L’Odyssée : Lupita Nyong’o répond aux critiques conservatrices sur son rôle d’Hélène

par ludovic


Ciblée par plusieurs figures de la sphère conservatrice américaine pour son rôle dans L’Odyssée de Christopher Nolan, l’actrice oscarisée pour Twelve Years a Slave sort de son silence.

Lupita Nyong’o incarnera Hélène de Troie dont la légende raconte qu’elle est la plus belle femme du monde, dans L’Odyssée de Christopher Nolan. Depuis cette annonce, l’actrice et réalisatrice mexicano-kényane-américaine fait face à des critiques venues de la sphère conservatrice américaine, initié par Elon Musk. Elle interprétera également Clytemnestre, sœur d’Hélène.

Sur X, le propriétaire du réseau social a mené la charge depuis plusieurs mois en affirmant : «Christopher Nolan a déjà gâché L’Odyssée… Choisir Lupita Nyong’o pour incarner Hélène de Troie est absolument scandaleux et contredit frontalement les écrits millénaires». Il accompagnait son message d’éléments tirés des descriptions d’Homère, évoquant notamment des «bras blancs» et une «peau claire», pour contester la légitimité du casting. Matt Walsh commentateur et humoriste américain conservateur a également dénoncé sur X le choix de l’actrice, affirmant : «Personne au monde ne pense réellement que Lupita Nyong’o est “la plus belle femme du monde”».


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Dans une interview accordée le 21 mai au magazine version américaine d’Elle , l’actrice a répondu sans entrer dans la confrontation directe : «C’est une histoire mythologique». Elle ajoute : «Je ne perds pas mon temps à me justifier. Les critiques existeront, que je m’y intéresse ou non.» L’actrice, oscarisée en 2014 pour Twelve Years a Slave, a également exprimé son soutien à Christopher Nolan, accusé notamment par l’homme d’affaires américain propriétaire de Space X, Tesla, de «profaner L’Odyssée pour pouvoir prétendre à un Oscar», en référence aux règles de diversité de l’Académie mises en place en 2020.

Ces règles, toutefois, n’imposent pas un quota de diversité à l’écran et n’ont pas empêché des films majoritairement portés par des distributions blanches, comme Oppenheimer, le précédent opus de Christopher Nolan, d’être largement récompensés. L’actrice déclare au magazine soutenir «pleinement l’intention de Chris et la version de cette histoire qu’il propose», ajoutant que la distribution reflète «le monde entier».

Dans la sphère conservatrice américaine, plusieurs voix ont relayé ces critiques. L’influenceuse Tanya Bass a estimé qu’Hélène était un «personnage historiquement blanc», et que le choix de Nyong’o revenait à confier le rôle de Pocahontas à une personne blanche : «C’est du racisme antiblanc.» Sous son message, plusieurs internautes ont contesté la comparaison en rappelant que Pocahontas est une figure historique attestée, tandis qu’Hélène de Troie appartient au registre mythologique, notamment dans les versions d’Euripide où sa naissance relève du mythe de Léda et Zeus métamorphosé en cygne.

Elon Musk a également élargi ses attaques au projet dans son ensemble, évoquant de manière virulente des rumeurs de casting, notamment celle attribuant le rôle d’Achille à Elliot Page, acteur transgenre, qu’il a qualifié de «l’une des choses les plus stupides et tordues que j’aie jamais entendues». Il a aussi écrit sur X : «Christopher Nolan pisse sur la tombe d’Homère».

Face à cette séquence, certaines personnalités du cinéma ont pris position en faveur de Lupita Nyong’o. L’acteur Alec Baldwin a notamment publié sur Instagram : «Cher Elon… mais ELLE EST la plus belle femme du monde», soutenant le choix artistique du film.


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Dans son entretien à Elle, Lupita Nyong’o insiste également sur l’approche du rôle : «On ne peut pas jouer la beauté». Elle dit chercher à explorer ce qui dépasse l’apparence : «Qu’y a-t-il au-delà des apparences ? C’est tout le défi de s’attaquer à une œuvre aussi connue». Enfin, les précédents historiques relativisent l’argument de nouveauté avancé par les critiques. Dès 1950, la chanteuse Eartha Kitt avait déjà été choisie par Orson Welles pour incarner au théâtre Hélène de Troie dans une mise en scène à Paris, montrant que ce type de relecture du mythe n’est pas inédit dans l’histoire culturelle.



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