La tension est montée d’un cran entre le journaliste correspondant en Iran pour France 24 et RFI et l’ex-agent du KGB. Le journaliste reprochait à l’ancien espion de ne pas mentionner la provenance de ses informations.
Le vendredi 1er mai, BFMTV a consacré une partie de ses programmes au conflit en Iran, qui se poursuit depuis 64 jours. Vers 17 heures, lors de l’émission «Le Club BFM» animée par Paola Puerari, un échange particulièrement animé a eu lieu entre deux invités. D’un côté, Siavosh Ghazi, correspondant en Iran pour France 24 et RFI, face à Sergueï Jirnov, ancien officier du KGB.
«Je souhaite réagir à certaines affirmations faites à l’antenne en posant plusieurs questions. Sur quoi se basent ceux qui affirment que 40% des Iraniens sont au chômage ? Quelles sont les preuves pour dire que la dette de l’Iran s’élève à 200 milliards de dollars ? D’où viennent les déclarations selon lesquelles l’Iran serait en voie d’effondrement et que la population serait sur le point de se révolter ? Ce sont des propos que je trouve inacceptables. Vivant à Téhéran, je constate la réalité iranienne. Lorsque j’entends des supposés spécialistes proférer de telles contre-vérités, cela me met vraiment hors de moi», a interpellé en direct Siavosh Ghazi, visiblement agacé depuis la capitale iranienne.
«J’essaie de dormir quatre heures par nuit» : Siavosh Ghazi, journaliste en Iran, raconte son quotidien
Sur le plateau, la présentatrice s’est alors tournée vers Sergueï Jirnov pour l’interroger : «Quelles sont vos sources ? Sur quoi vous fondez-vous pour affirmer que l’économie iranienne est asphyxiée par le blocus imposé par Donald Trump ?». L’ancien agent du KGB a répondu posément : «Il suffit de consulter les statistiques publiées. Il est aisé de vérifier le taux du rial, c’est une donnée accessible à tous, ce ne sont pas des chiffres inventés. Il suffit de consulter les sources officielles». Il a ensuite suggéré à son interlocuteur de «se rendre dans les banques et les bureaux de change» pour confirmer ses propos. «Je ne comprends pas pourquoi cela vous met dans un tel état alors que ces données économiques sont disponibles à tous, y compris à vous», a-t-il ajouté.
«Vous parlez de statistiques. Lesquelles ? D’où proviennent ces statistiques ? Citez donc vos sources. Sans source, ne soutenez pas des affirmations erronées», a persisté Siavosh Ghazi. «Vous contestez le taux du rial, qui aujourd’hui s’établit à 1,8 million de rials pour un dollar ?», a répliqué Sergueï Jirnov. «Non, je fais référence aux 40 % de chômage en Iran. Je parle aussi de la dette de 200 milliards de dollars», a insisté le correspondant. «Ce ne sont pas mes propos, je n’ai jamais dit cela, je n’ai rien avancé de tel», s’est justifié l’ancien espion.
Paola Puerari a alors pris la parole : «Siavosh, vous estimez donc que l’économie iranienne résiste, au final». Lors de ce débat, l’un des participants a lancé avec ironie : «Tout va bien». Cette remarque, attribuée à tort à Sergueï Jirnov par Siavosh Ghazi, a provoqué une vive réaction de sa part. «C’est facile de plaisanter depuis un plateau, confortablement installé à Paris, mais ce n’est pas la réalité…», a répondu sèchement le journaliste. «Je n’ai rien déclaré de tel», a rectifié l’ancien officier hors micro. «Personne ne plaisante», a assuré la présentatrice. «Je suis sur le terrain, j’ai couvert le conflit. J’ai été témoin des manifestations et des mouvements de contestation. Il y a certes de l’inflation, mais la réalité ne correspond pas aux chiffres totalement faux que vous répétez à l’antenne en boucle», a conclu Siavosh Ghazi.
