À compter du 1er octobre, seuls les transferts transfrontaliers effectués en devises classiques seront autorisés, l’utilisation des cryptomonnaies devenant prohibée.
Le Brésil opère un revirement concernant les cryptomonnaies. Dès le 1er octobre, tous les transferts d’argent à l’étranger ne pourront se faire qu’en monnaie fiduciaire, la banque centrale ayant décrété une « interdiction » de l’usage des cryptos. Cette décision provient d’une nouvelle réglementation, validée par l’institution monétaire brésilienne, qui vise à « aligner » le système financier national « sur les standards internationaux de lutte contre la criminalité financière », d’après un communiqué officiel.
En pratique, les opérations transitant via le système réglementé eFX — utilisé notamment pour payer des achats à l’international ou envoyer de l’argent à l’étranger — seront réservées exclusivement aux établissements financiers traditionnels. Cette nouvelle orientation tranche avec la politique antérieure, historiquement favorable aux cryptomonnaies. À l’échelle de l’Amérique latine, le Brésil demeure le pays affichant le taux d’adoption des cryptos le plus élevé.
D’après l’analyse de la société Chainalysis, le Brésil occupe la cinquième position mondiale en matière d’adoption des cryptomonnaies en 2025 (lire notre article dédié). Le marché brésilien des crypto-actifs génère chaque mois entre 6 et 8 milliards de dollars de transactions, les stablecoins représentant près de 90% de ce volume.
Il convient de rappeler qu’un stablecoin (ou cryptomonnaie stable) est un actif numérique dont la valeur est indexée sur une devise comme l’euro ou le dollar. Les stablecoins permettent de transférer des fonds — qu’il s’agisse de petites ou de grandes sommes — à tout moment, avec des frais réduits grâce à l’absence de multiples intermédiaires pour valider la transaction, et offrent une traçabilité complète via les blockchains.
Interdiction totale
Le Brésil rejoint ainsi le cercle restreint des pays interdisant les transferts internationaux en cryptomonnaies, à l’instar du Maroc, de la Chine, de l’Inde ou de la Turquie. Si l’usage des cryptos reste permis sur le territoire brésilien, certains États vont plus loin en prohibant totalement leur usage national, entraînant de facto l’interdiction des transferts au-delà des frontières.
En juillet 2025, l’Algérie a instauré une incrimination de l’usage des cryptomonnaies sur son sol. Les citoyens algériens risquent jusqu’à un an d’emprisonnement et une amende pouvant atteindre 6 600 euros en cas de détention ou d’utilisation de ces actifs. Même si les cryptomonnaies, et notamment le bitcoin depuis 2009, sont conçues pour être décentralisées, plusieurs pays continuent d’en sanctionner la possession : c’est le cas de l’Égypte, la Bolivie, l’Afghanistan, le Bangladesh ou encore l’Irak.
