« Il y avait très peu de gens » : à Vierzon, la mairie d’extrême droite annule la commémoration de l’abolition de l’esclavage

par ludovic


C’est une situation inédite à Vierzon. Ce dimanche 10 mai, la ville du Cher ne déposera aucune gerbe de fleurs place Aimé-Césaire, contrairement aux années précédentes, lors de la journée nationale dédiée à la commémoration de l’abolition de l’esclavage. La nouvelle équipe municipale, issue de l’extrême droite, a choisi d’annuler la cérémonie, alors même qu’elle a été instaurée par un décret signé par Jacques Chirac en 2006, comme l’ont rapporté ICI Centre-Val de Loire et Le Berry républicain.

Yves Husté, adjoint au maire en charge de la Jeunesse, de l’Enseignement supérieur et des Anciens combattants, justifie cette décision au nom du conseil municipal. Sur les ondes locales, il cite d’abord un motif réglementaire : « Il existe à ce jour une liste officielle des journées nationales commémoratives. La journée dédiée à la mémoire de la fin de l’esclavage ne figure pas parmi ces 12 dates reconnues. » Pourtant, le décret du 31 mars 2006 précise clairement qu’une « commémoration annuelle de l’abolition de l’esclavage » est instaurée le 10 mai.

Un autre motif : le budget

L’élu avance un second argument, évoquant le faible public lors de ce rendez-vous : « L’événement ne mobilisait quasiment personne. C’est un épisode historique, cela signifie que l’on n’assistera plus à des hommes pratiquant le commerce d’autres hommes, les enchaînant pour les vendre selon leur capacité de travail. Qui pourrait croire cela à notre époque ? »

Enfin, Yves Husté met en avant une contrainte financière, estimant le coût de la cérémonie à 1 500 euros, alors que la municipalité affirme devoir réaliser des économies.

Une « contre-cérémonie » prévue

Ces explications ne convainquent pas Nicolas Sansu, député du Cher et membre du groupe Gauche, démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale. « Une mairie d’extrême droite refuse d’organiser la cérémonie dédiée à l’abolition de l’esclavage et de la traite des êtres humains, ce qui en dit long », déplore-t-il, tout en rejetant l’argument du budget : « Il suffit d’un bouquet de fleurs, d’un micro posé à l’extérieur et de quelques mots. Ce n’est pas une question de coût. C’est une faute de la municipalité d’extrême droite. »

Le parlementaire a donc pris l’initiative d’organiser une cérémonie alternative ce dimanche à 11 heures, place Aimé-Césaire. Ce rassemblement sera marqué par la présence de Christelle Césaire, descendante du célèbre poète et homme politique martiniquais Aimé Césaire, résidant à Vierzon, qui lira des poèmes de son illustre ancêtre.



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