Blocs de béton, banderoles, pots de fleurs… La mairie de Saint-Ouen engagée dans un bras de fer avec l’enseigne Master Poulet

par ludovic



À Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), un affrontement s’est engagé entre le restaurant Master Poulet et la municipalité, qui s’oppose à l’ouverture de l’établissement. Ce différend a largement alimenté les discussions sur les réseaux sociaux.

Devenue l’arène d’une confrontation aussi surprenante qu’intense, la commune de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, s’est hissée parmi les sujets les plus commentés sur les plateformes sociales. Les internautes suivent avec ferveur l’opposition entre la chaîne de restauration rapide Master Poulet et le maire socialiste de la ville, Karim Bouamrane.

L’établissement a ouvert ses portes le 11 avril, mais les difficultés de cohabitation sont apparues dès le départ. Trois jours plus tard, le 14 avril, la mairie publiait un communiqué annonçant la fermeture de Master Poulet, invoquant « une ouverture réalisée sans autorisation préalable ». La municipalité reprochait également au restaurant d’installer une terrasse empiétant illégalement sur l’espace public.

La Ville affirmait avoir « fermement refusé l’implantation » de Master Poulet, considérant que le projet ne correspondait pas « à l’ambition municipale de faire de Saint-Ouen une référence en matière de qualité de vie ».

En réaction, Master Poulet a installé des banderoles dénonçant la position de la mairie. Sur la façade du restaurant figurait notamment ce message : « Comment les mairies attribuent-elles les locaux? #MasterPoulet contre la corruption ».

Un « Far West municipal »

Considérant ces accusations comme « diffamatoires » et estimant qu’elles remettaient en cause « l’intégrité des services municipaux et de leurs agents », la mairie de Saint-Ouen a porté plainte. Ce même 14 avril, elle a également fait placer des blocs de béton autour de l’établissement.

Pour Master Poulet, cette mesure a constitué un point de rupture, poussant l’enseigne à engager elle aussi des démarches judiciaires. Dans un communiqué du 18 avril, le restaurant a dénoncé un « Far West municipal » et assuré avoir ouvert « dans le strict respect de la législation en vigueur ».

Master Poulet a souligné ce qu’il perçoit comme un acharnement, mentionnant « 14 interventions de la police municipale en trois jours », un contrôle sanitaire « effectué dans des délais exceptionnellement courts » et des injonctions orales à fermer l’établissement. L’enseigne a également précisé qu’elle avait elle-même sollicité le retrait de la terrasse litigieuse, « en cohérence avec notre modèle de vente à emporter ».

Avec le soutien de son avocat Sefen Guez Guez, la société Group Version Café, gestionnaire du restaurant, a saisi le tribunal administratif de Montreuil. Le 18 avril, le tribunal a émis une décision judiciaire enjoignant « la commune de Saint-Ouen-sur-Seine à retirer les blocs de béton placés devant le local commercial de l’enseigne (…) dans un délai de quarante-huit heures suivant la notification de la présente ordonnance ».

« Nous sommes entrés dans une bataille juridique »

La mairie s’est conformée à la décision, mais le conflit ne s’est pas apaisé. À la réouverture du restaurant, mercredi, Master Poulet affichait une nouvelle banderole : « N’en déplaise à Karim… Nous sommes ouverts et refusons d’augmenter nos prix! ».

Karim Bouamrane a réagi sur ses réseaux sociaux en déclarant : « je dois faire respecter la puissance publique, nous sommes entrés dans une bataille juridique. En attendant, un message pour Master Poulet : bien joué, rendez-vous au prochain épisode ».

La dernière évolution en date a été relayée sur X par Me Guez Guez, qui affirme que la mairie de Saint-Ouen a disposé ce vendredi 24 avril « d’énormes pots de fleurs » devant le restaurant.

L’avocat a partagé ce qu’il présente comme un constat d’huissier mandaté par l’établissement, qui rapporte qu’ »une odeur fécaloïde se dégage des sacs de terreau et des pots en cours d’installation ».



Source link

Vous pouvez aussi aimer

Laisser un commentaire