Ce samedi, Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, a annoncé avoir alerté la justice concernant la plateforme Chatiw, quelques jours après qu’une enquête a été lancée sur Cocoland, un site accusé d’avoir facilité des agressions sexuelles.
Un nouveau site est désormais dans le collimateur de la justice. La haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, a déclaré ce samedi avoir signalé la plateforme Chatiw, suspectée d’héberger des contenus illégaux et dangereux, en particulier pour les jeunes utilisateurs.
Sarah El Haïry a mis en avant le principe du «tchat en ligne», qui offre la possibilité d’échanger avec des inconnus sans nécessiter la création d’un compte : «Nous avons reçu des signalements concernant des messages à caractère sexuel que des utilisateurs pouvaient recevoir dès leur arrivée sur le service», a-t-elle expliqué lors d’un entretien accordé au journal Le Monde.
La haute-commissaire précise également avoir signalé la plateforme Pharos, le portail gouvernemental dédié au signalement de contenus illicites, le 28 avril dernier, puis avoir saisi l’Arcom, régulateur du numérique, ainsi que le parquet de Paris le 1er mai.
Un danger pour les mineurs
Par ailleurs, Sarah El Haïry a également déclaré avoir saisi la justice au sujet des plateformes Chaat.fr et legarçon.net. À la mi-avril, elle avait de plus alerté sur le retour en ligne du site Coco, pourtant fermé par décision de justice en 2024 après de graves accusations d’avoir facilité de nombreux crimes sexuels, y compris ceux commis contre Gisèle Pelicot.
«Lorsqu’une alerte concerne un site, nous vérifions l’existence de mesures de protection suffisantes pour empêcher qu’un mineur ne soit exposé à des prédateurs ou à des sollicitations sexuelles», a-t-elle souligné.
«Si nous constatons l’absence de vérification de l’âge, d’inscription préalable ou la présence de comportements problématiques, je signale systématiquement ces sites à Pharos et à l’Arcom», a-t-elle ajouté.
D’après elle, la législation qui oblige désormais en France à vérifier l’âge pour restreindre l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans «instaurera une première protection». «Mais je pense aussi qu’il sera nécessaire, à un moment donné, de s’interroger sur la responsabilité pénale des responsables de ces plateformes», a finalement précisé Sarah El Haïry.
Pour conclure, la haute-commissaire à l’Enfance s’est aussi dite «favorable à l’établissement de dizaines de critères aisément vérifiables» afin de permettre aux parents «de mieux comprendre les niveaux de risque ou d’adaptation de chaque service utilisé par leurs enfants».
