Contrôles « inopinés », contractualisation, formation… Emmanuel Grégoire dévoile son plan « pour refonder » le périscolaire à Paris après les scandales

par ludovic


Le maire (PS) de Paris a révélé ce vendredi 10 juillet lors d’une conférence de presse une série de mesures visant à modifier le fonctionnement du périscolaire parisien après des mois de scandales d’agressions sexuelles sur mineurs.

Formations plus poussées, contrôles dans les établissements, « école du périscolaire »… Ce vendredi 10 juillet, le maire de Paris Emmanuel Grégoire a révélé une série de mesures « pour refonder » le périscolaire parisien après les multiples affaires d’agressions sexuelles sur mineurs qui ont secoué l’institution, notamment au cœur de la campagne des municipales.

Les services municipaux de la capitale préparent notamment dès la rentrée « des contrôles inopinés » dans les établissements recevant les enfants, grâce à la mise sur pied d’une « équipe de 15 agents chargés d’effectuer des contrôles dans les écoles », selon le maire de Paris cité par nos confrères du Parisien.

Episode 1 – “L’animateur a touché les parties intimes de notre enfant” : face à l’enfer du scandale périscolaire

Emmanuel Grégoire a aussi évoqué la création d’une « école du périscolaire », inaugurée en septembre prochain, chargée de proposer une « formation initiale pour tous, avec des mises en situation; une formation continue six jours par an, dont un dédié aux violences; un module inclusion pour le traitement des enfants à besoins particuliers ».

Autre souhait avancé par la municipalité parisienne: que les nouveaux animateurs « aient le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (Bafa) et une formation diplômante de 100 heures pour compléter », selon Anne-Claire Boux, adjointe au maire de Paris en charge des affaires scolaires et de la petite enfance. De même, les nouveaux arrivants intégreront un système de « mentorat » leur permettant d’être accompagnés « dès leur prise de poste dans une école ».

Des contractualisations, les enfants plus laissés seuls avec un adulte

Afin de garantir « une plus grande stabilité des équipes » et « davantage de continuité aux familles », le maire de Paris annonce aussi la contractualisation de 2.000 agents du périscolaire sur trois ans. Un plan visant « à rééquilibrer progressivement (la) répartition au profit d’emplois plus stables », alors qu’aujourd’hui « les effectifs se répartissent entre 2.500 agents titulaires, 1.000 agents contractuels et 10.000 vacataires ».

Emmanuel Grégoire souhaite aussi qu’aucun enfant ne se retrouve plus seul avec un adulte. Nombre d’adultes à la pause entre midi et deux, effectifs d’Atsem et vacataires vont ainsi voir leurs nombres augmenter.

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« Dès septembre, on doit s’assurer qu’aucun adulte ne soit seul avec les enfants, notamment dans les maternelles, avec la sieste, le déjeuner, l’absence d’autonomie aux toilettes », martèle l’édile de la capitale.

Enfin, un « carnet de transmission » va être déployé, permettant de « faciliter les échanges entre les équipes du périscolaire et les parents », et testé dans des classes de maternelle dès la rentrée.

Un animateur récemment relaxé au bénéfice du doute

Toutes ces annonces interviennent trois jours après la relaxe d’un animateur périscolaire, jugé le 7 juillet pour agressions sexuelles sur des enfants d’une école maternelle du 11e arrondissement, au bénéfice du doute.

Cette affaire avait déclenché une cascade de signalements dans la capitale et avait donné lieu au premier procès public depuis l’éclatement du scandale du périscolaire parisien. C’est la deuxième fois que le procès d’un animateur soupçonné d’agression sexuelle se solde par une relaxe du prévenu. Mi-juin, un autre animateur avait également été relaxé, mais le parquet avait fait appel.

Le Conseil de Paris a adopté le 14 avril dernier son plan d’action à 20 millions d’euros pour le périscolaire. Il vise notamment à lutter contre les violences faites aux enfants et prépare l’organisation d’une convention citoyenne sur la protection et les temps de l’enfant à l’école.

Les centres de loisirs parisiens ont par ailleurs enregistré une baisse de 16% du nombre d’inscriptions d’élèves pour cet été, soit 2.000 élèves en moins. Le 9 juin dernier, Emmanuel Grégoire révélait que 132 animateurs avaient été suspendus depuis le début de l’année 2026 à Paris, dont 52 pour suspicion de violences sexuelles ou sexistes.



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