Le tribunal administratif de Paris a rejeté, lundi 3 août, un recours en référé-liberté de la chroniqueuse prorusse Xenia Fedorova contre son expulsion du territoire et le gel de ses avoirs, faute d’avoir démontré une « extrême urgence ».
Xenia Fedorova, assignée depuis mercredi à résidence, n’a exposé « aucun besoin de sortir du territoire parisien », « sollicité aucune autorisation auprès du préfet de police » et s’est limitée « à indiquer, sans aucune précision, que l’obligation de pointage lui cause une gêne », a indiqué le tribunal dans un communiqué. En conséquence, « le juge des référés a estimé que la condition d’extrême urgence ne pouvait être retenue ».
Accusée d’être « un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » pour « déstabiliser l’ordre public » en France, la chroniqueuse, qui intervient principalement sur CNews, Europe 1 et dans l’hebdomadaire le JDNews, a fait l’objet d’arrêtés d’expulsion et de gel de ses avoirs la semaine dernière.
En réaction, son avocat a indiqué dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP) que sa cliente était actuellement à l’étranger et « n’envisage(ait) de revenir que lorsque l’arrêté d’expulsion » la visant « aura été suspendu ou annulé ». « Ma cliente était déjà à l’étranger, en vacances, lorsqu’elle a été informée des mesures prises à son encontre. Elle n’envisage de revenir en France que lorsque l’arrêté d’expulsion aura été suspendu ou annulé », a précisé Maître Emmanuel Piwnica, en indiquant qu’elle « entend contester cette décision ».
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« Subordonnée à la démonstration d’une extrême urgence »
« Pour obtenir la suspension de l’exécution de ces décisions, Xenia Fedorova, qui avait le choix entre la procédure de référé-suspension, subordonnée à la démonstration d’une urgence, et celle du référé-liberté, subordonnée à la démonstration d’une extrême urgence justifiant des mesures dans les 48 heures, a décidé d’introduire cette dernière action », relèvent les magistrats.
Or, cette procédure « ne pouvait pas se limiter à invoquer des présomptions qui ne s’appliquent pas à sa situation, mais devait faire état des graves incidences personnelles résultant pour elle des décisions contestées, ce qu’elle ne (fait) pas dans sa requête », poursuivent-ils.
La place grandissante de Xenia Fedorova dans les médias du milliardaire conservateur Vincent Bolloré avait fait naître des craintes de manipulation du débat public, notamment lors de la campagne pour l’élection présidentielle en 2027.
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Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez avait notamment pointé « de nombreux propos qu’elle a pu tenir et qui, systématiquement, reprennent la propagande du Kremlin sur l’engagement de la France, sur ce qui se passe en Ukraine, sur les raisons, les motivations de l’agression russe en Ukraine » pour justifier son arrêté d’expulsion.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait par ailleurs décrit la citoyenne russe comme une « agente d’influence ».
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Le gel de ses avoirs vise à prévenir la commission de « nouveaux actes d’ingérence », avait encore expliqué le ministère de l’Économie et des Finances, en empêchant la mise à disposition ou l’utilisation « de fonds ou ressources économiques au profit de cette personne et des personnes morales ou de toutes autres entités qu’elle contrôle, détient ou qui agissent sciemment pour son compte ».
Avec AFP
