La communauté éducative du collège Giovanni Bellini à Mestre, dans la commune de Venise, reste profondément bouleversée. Le mercredi 15 avril, une enseignante de lettres, excédée par l’attitude de deux élèves, a perdu son sang-froid : elle a saisi une paire de ciseaux et a coupé des mèches de leurs cheveux, selon les informations relayées par nos confrères italiens du Corriere della Sera.
Âgée d’une cinquantaine d’années, cette enseignante, actuellement suspendue à titre provisoire et faisant l’objet d’une enquête interne, assurait un remplacement d’une durée de deux semaines. Les récits recueillis auprès des élèves présents confirment qu’elle a laissé exploser sa colère. Face à l’insistance d’une collégienne qui lui demandait de répéter une consigne, elle a tranché une mèche de ses cheveux d’environ dix centimètres. Une autre élève, qui a manifesté son désaccord, a subi le même sort.
L’enseignante remplaçante a confirmé les faits, indiquant s’être sentie provoquée et admettant avoir « surréagi ». Ces explications n’ont pas atténué la colère des familles. « C’est inimaginable qu’un professeur puisse commettre une telle chose, c’est insensé », a réagi une mère d’élève. L’indignation générale a poussé la direction à convoquer les deux élèves, leurs familles et l’enseignante dès le lundi suivant. Cette dernière risque des mesures disciplinaires pouvant aller jusqu’à la radiation, ainsi que des poursuites judiciaires pour violences commises par une personne dépositaire de l’autorité publique, dans l’éventualité où l’une des familles déposerait une plainte.
Des fleurs offertes en signe d’excuse
Dès le lendemain de l’incident, l’enseignante a reçu un geste inattendu de la part des élèves de la classe : ils lui ont remis un bouquet de fleurs, comme pour exprimer leurs excuses pour un comportement qu’ils savaient déplacé. « Il faut aussi replacer ce qui s’est passé dans le contexte de la classe à ce moment précis. Rien ne saurait justifier une telle réaction, mais tout le monde connaît l’attitude de certains élèves, surtout envers les remplaçants », tempère un parent d’élève.
La professeure devra néanmoins convaincre l’institution éducative de lui accorder sa clémence. « L’école a le devoir d’être un espace sécurisé, respectueux et inclusif, où chaque jeune peut évoluer sereinement, dans le respect de sa dignité et de son intégrité physique », a souligné Valeria Mantovan, ministre de l’Éducation pour la Vénétie. « Tout comportement déviant de ces valeurs ne saurait être toléré, quelle qu’en soit la raison. Si l’ensemble des faits était avéré, il s’agirait d’un acte d’une extrême gravité. »
