Alors que la majorité des noms figurant sur la liste étaient déjà connus, le sélectionneur des Bleus devait encore trancher sur plusieurs dossiers importants et expliquer certaines décisions inattendues. Après avoir répondu durant vingt minutes au journal de 20 Heures sur TF1, Didier Deschamps s’est ensuite adressé à la presse pour la traditionnelle conférence de presse suivant l’annonce de sa liste.
Le coach de 57 ans a particulièrement été interrogé sur la sélection de Maxence Lacroix (2 sélections), Jean-Philippe Mateta (3 sélections) ainsi que du nouvel arrivant Robin Risser. Ce dernier a été préféré à Lucas Chevalier, le gardien qui était passé numéro deux dans la hiérarchie du Paris Saint-Germain.
« Robin a déjà un lien avec nous »
« La situation de Lucas Chevalier était déjà délicate en mars », a précisé Deschamps. « S’il n’avait pas souffert de blessure et qu’il avait bénéficié de plus de temps de jeu, la donne aurait été différente. C’est ce que j’espérais pour lui, je le lui avais exprimé en mars lorsque je lui ai tendu la main. Malheureusement, il n’a plus joué depuis la fin janvier. Sa condition n’a pas progressé et sa blessure ne lui a pas permis d’accumuler le minimum de temps de jeu nécessaire. »
À la différence du portier lensois, Robin Risser avait déjà été intégré au groupe A lors de convocations avec les Espoirs. « Robin est encore jeune. Il a déjà eu l’occasion de tisser des liens avec nous, il s’est retrouvé à participer à des séances d’entraînement intenses avec les joueurs que Guy Stéphan encadrait. Ce qui a primé, c’est avant tout le critère sportif », a développé le sélectionneur.
Deschamps a d’ailleurs précisé qu’il suivait Lacroix depuis la saison précédente. « Maxence a réalisé de belles performances en mars, même s’il avait été rappelé à cause de la blessure de Saliba. Il a été très solide, il possède la capacité d’occuper l’axe gauche comme l’axe droit. Cela nous offre trois solutions à chaque poste et une garantie supplémentaire en défense », a-t-il argumenté.
« Camavinga a le droit de m’en vouloir »
En retenant neuf défenseurs, le sélectionneur a inévitablement réduit le contingent de milieux de terrain. Cette composition de la liste a entraîné l’absence d’Eduardo Camavinga et de Corentin Tolisso. Seuls cinq milieux ont été retenus, « cinq joueurs capables d’évoluer à droite comme à gauche de l’axe ».
Pourquoi Camavinga n’a-t-il pas été sélectionné ? « En raison de sa saison. Il a connu plusieurs blessures et la concurrence est très forte à son poste. Il reste jeune. Il était présent en mars, mais c’est lui qui a eu le moins de temps de jeu. Je ne remets pas en cause ses qualités ni son potentiel, mais aujourd’hui, il peut m’en vouloir, et je comprends sa déception. »
Visiblement touché au moment d’évoquer ces décisions difficiles, Deschamps a eu une pensée pour les familles des joueurs non retenus. La situation du joueur madrilène différait cependant de celle de Tolisso, absent des convocations depuis un certain temps. « J’ai été ravi de revoir Coco lors des trophées UNFP », a-t-il souligné. « Il réalise une saison remarquable, et ce n’est ni parce qu’il joue à Lyon ni parce que Thauvin est à Lens que je les écarte. Les cinq milieux choisis s’imposent d’eux-mêmes. S’il y avait eu une sixième place… Il est moins habitué au rôle de pivot. Je comprends que Coco soit très déçu. Il aurait pu prétendre à la liste, comme d’autres, mais il me faut prendre des décisions. »
Alors qu’il se prépare à vivre sa dernière Coupe du monde à la tête des Bleus, Deschamps a également été interrogé sur son avenir. Un journaliste italien s’est notamment intéressé à la possibilité de le voir prendre la tête de la Squadra Azzurra. Mais Deschamps a anticipé la question : « Je vais me remettre à l’italien, on ne sait jamais », a-t-il lancé avec humour. « Il est épuisant d’avoir raison avant les autres. Je ne me ferme aucune porte. Ce n’est pas d’actualité, mon objectif reste la Coupe du monde. Mais tout le monde sait que je suis ouvert à tout. Je réfléchirai à la suite après. »
