Norvège-Angleterre (1-2 a.p) : nos tops et nos flops avec un Bellingham taille patron et un duel Haaland-Kane décevant

par ludovic


Si l’Angleterre va au bout, on ne pourra pas dire qu’elle n’aura pas sué pour y arriver. Près d’une semaine après une bataille mémorable face au Mexique au Stade Azteca (2-3), qui faisait suite à un 16e de finale plus difficile que prévu face à la RD Congo (2-1), les Three Lions ont encore souffert pour se défaire d’une équipe norvégienne insatiable dans la chaleur humide de Miami.

Sauvés par leur héros Jude Bellingham, les hommes de Thomas Tuchel ont dû passer par la terrible prolongation pour arracher leur ticket pour le dernier carré.

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Les tops

Jude Bellingham

Harry Kane est peut-être le capitaine et le leader de l’attaque anglaise, mais Jude Bellingham, lui, est bien plus qu’un simple lieutenant. Après avoir sorti les Three Lions du bourbier mexicain, le milieu de terrain du Real Madrid a extrait ses partenaires du piège norvégien. Amorphes jusqu’à l’ouverture du score d’Andreas Schjelderup (36e), les Anglais ont été réveillés par leur maître à jouer. D’une prise de balle, ce dernier a éliminé deux adversaires avant de conclure d’une belle frappe croisée (45e + 2).

Moins influent lors d’une seconde période marquée par son repositionnement au milieu de terrain, Bellingham a tout de même surgi à l’entame de la prolongation, opportuniste pour profiter de la faute de main d’Ørjan Nyland et libérer tout un peuple (93e). Présent à la création, au développement et à la conclusion des actions, il s’est démultiplié pour donner vie à une Angleterre trop timorée dans le jeu. Sur ses 12 buts inscrits sous le maillot de l’équipe nationale, 9 l’ont été lors d’un tournoi majeur et 6 dans cette Coupe du monde. Patron, vous avez dit ?

Le milieu de terrain de la Norvège

Quel volume de jeu, quelle intelligence tactique, quelle caisse physique ! Dans la moiteur de Miami, le trio formé par Sander Berge, Martin Odegaard et Patrick Berg n’a jamais baissé le pied, disputant les 120 minutes à pleine intensité. À l’aise pour déjouer le pressing anglais, les trois hommes ont maîtrisé le tempo de la rencontre. Si l’Angleterre a bouclé la seconde période du temps réglementaire sans le moindre tir cadré et avec une note de xG (expected goals) de 0.27, ils y sont forcément pour quelque chose, tant leur abattage fut énorme.

L’audace norvégienne

Les Vikings quittent une compétition qu’ils auront marquée de leur empreinte. De retour dans le grand monde après six éditions manquées, la Norvège a largement dépassé les attentes placées en elle au début du Mondial. Après une phase de poules maîtrisée et deux belles victoires face à la Côte d’Ivoire (2-1) et au Brésil (2-1), les hommes de Stale Solbakken sont sortis les armes à la main contre une équipe d’Angleterre qu’ils auront longtemps réduit au silence.

S’ils ont finalement craqué physiquement durant la prolongation, Erling Haaland et ses partenaires ont pleinement dominé la seconde période, dans le sillage des entrées pleines de peps d’Oscar Bobb et Antonio Nusa. Symbole de cette audace : la magnifique ouverture du score d’Andreas Schjelderup, qui a probablement inscrit l’un des plus beaux buts du tournoi (36e). La tête à bout portant de Kristoffer Ajer, venue s’écraser sur la barre de Jordan Pickford (76e), laissera sûrement aux Norvégiens de gros regrets…

Les flops

Alexander Sørloth

Sa Coupe du monde aura été un échec du début à la fin. Pas aidé par son sélectionneur, qui a persisté à l’aligner sur le côté droit malgré son profil de pur n° 9 plus à l’aise pour finir les actions que pour les créer, l’attaquant de l’Atlético Madrid a multiplié les approximations techniques.

La vitesse n’étant pas sa qualité première, il n’a quasiment jamais pris à défaut Nico O’Reilly, son vis-à-vis du soir. Sa gestion catastrophique d’une contre-attaque sur laquelle il oublie de servir Erling Haaland empêchera sans doute les supporters scandinaves de dormir cette nuit (44e)… Aucun but et aucune passe décisive en cinq titularisations : le bilan est maigre. Trop maigre.

Le duel Haaland-Kane n’a pas eu lieu

Leur opposition faisait saliver sur le papier. Dans la réalité, les millions de spectateurs massés devant leurs écrans ce samedi n’ont pas vu grand-chose. Habitué à se montrer décisif malgré peu de ballons à négocier, Erling Haaland n’en a effectivement pas touché beaucoup (21, plus faible total parmi les 22 titulaires). Seulement, excepté deux coups de tête (35e, 53e), le goleador norvégien n’est quasiment jamais apparu dans la surface adverse.

De son côté, Kane s’est montré plus disponible dans la création, comme à son habitude, mais n’a jamais su se défaire du marquage scandinave pour se retrouver en position de marquer. En 120 minutes, l’avant-centre du Bayern Munich n’a tiré qu’à trois reprises, perdant également onze ballons… Heureusement que Jude Bellingham était là !

Les changements de Thomas Tuchel

Très inspiré depuis le début du Mondial, le sélectionneur des Three Lions l’a beaucoup moins été ce samedi à Miami. S’il n’y avait pas grand-chose à redire sur son onze départ, le coaching en cours de match a laissé pantois de nombreux supporters anglais.

Le remplacement de Declan Rice par Eberechi Eze a forcé Jude Bellingham à reculer d’un cran au milieu, limitant son influence dans le dernier tiers adverse. Passeur décisif sur le premier but anglais, Anthony Gordon semblait encore avoir des choses à donner au moment d’être remplacé par Reece James (71e), entré dans l’entrejeu avant d’être repositionné latéral droit quinze minutes plus tard après la sortie d’Ezri Konsa (89e)… Bref, un véritable chantier tactique duquel Tuchel ressort gagnant, non sans trembler.



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