Paris : les expositions de la rentrée 2026 à ne pas manquer

par ludovic


Cette rentrée artistique promet d’en mettre plein les yeux. De Paul Cézanne à Claude Monet, de Tintoret à Andy Warhol, en passant par Hassan Hajjaj, alias le «Warhol marocain», les musées parisiens déroulent une programmation éclectique et ambitieuse. Tour d’horizon des expositions les plus attendues.

«Andy Warhol. La ligne et l’image»

Derrière les célèbres boîtes de soupe Campbell et les portraits de Marilyn se cache un dessinateur prolifique. Avec «La ligne et l’image», le Musée du Luxembourg révèle une facette plus méconnue d’Andy Warhol (1928-1987) en montrant combien le trait a façonné son univers, de ses débuts d’illustrateur publicitaire à ses dernières œuvres. Près de 150 dessins, peintures, sérigraphies, photographies et archives invitent à pénétrer dans les coulisses de sa création, au cœur de son atelier new-yorkais, la mythique Factory, et à redécouvrir l’œuvre du maître du pop art sous un nouvel angle.

© 2026 The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Licensed by ADAGP, Paris 2026

«Andy Warhol. La ligne et l’image», du 16 septembre 2026 au 10 janvier 2027, Musée du Luxembourg, Paris 6e. 

«Éternel Tintoret»

Au musée Jacquemart-André, cap sur la Venise du 16e siècle à la découverte de l’un de ses plus grands génies. Pour la première fois en France, cette rétrospective retrace l’ensemble de la carrière de Jacopo Robusti, dit Tintoret (1518-1594), de ses premières commandes aux immenses décors réalisés pour le Palais des Doges. Réunissant une quarantaine de peintures et d’œuvres graphiques prêtées par de prestigieuses collections européennes, l’exposition dévoile toute la modernité de cet artiste inclassable, fils d’un simple teinturier, célèbre pour ses compositions audacieuses, ses perspectives vertigineuses, ses jeux de lumière et ses grandes scènes religieuses, comme le «Miracle de Saint Augustin». 

© GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

«Éternel Tintoret», du 11 septembre 2026 au 24 janvier 2027, Musée Jaquemart-André, Paris 8e. 

«Cézanne et nous»

Plus d’un siècle après sa disparition, Paul Cézanne (1839-1906) continue d’inspirer les plus grands artistes. En faisant dialoguer ses œuvres avec celles de créateurs modernes et contemporains, cette exposition présentée au Grand Palais, met en lumière l’immense héritage du peintre d’Aix-en-Provence. Près de 180 œuvres montrent comment son regard novateur a nourri les recherches de Paul Gauguin, Henri Matisse, Piet Mondrian, Joan Mitchell, Bridget Riley, ou encore Peter Doig. Une belle occasion de redécouvrir celui que Pablo Picasso surnommait «notre père à tous».

The Courtauld Institute of Art, Londres © Courtauld

«Cézanne et nous», du 23 septembre 2026 au 17 janvier 2027, Grand Palais, Paris 8e.

«Sculpter la couleur»

Oubliez les sculptures de marbre immaculées. Dès le 7 octobre prochain, le musée du Louvre met à l’honneur les spectaculaires sculptures religieuses espagnoles du 17e siècle, taillées dans le bois puis peintes avec un réalisme saisissant. Parmi les chefs-d’œuvre présentés figurent le monumental paso «Camino del Calvario» de Gregorio Fernández, grand sculpteur baroque de Valladolid, ainsi que son «Cristo de la Luz», jamais exposé en France. Le parcours réunit également «La Vierge et l’Enfant avec saint Jean Baptiste» de Luisa Roldán et «L’Immaculée Conception» de Pedro de Mena. Une plongée dans l’âge d’or de l’art espagnol, où peinture et sculpture dialoguent avec intensité.

©Museo Nacional de Escultura, Valladolid/RMN/Louvre

«Sculpter la couleur», du 7 octobre 2026 au 25 janvier 2027, Musée du Louvre, Paris 1er.

«HISTOIRES DE PAYSAGES de Monet à Hockney (1890-2026)»

Organisée dans le cadre du centenaire de la disparition de Claude Monet (1840-1926), l’exposition «Histoires de paysages de Monet à Hockney (1890-2026)», visible au musée Marmottan Monet, qui abrite la plus vaste collection d’œuvres au monde du chef de file de l’impressionnisme, retrace plus d’un siècle de métamorphoses d’un genre que l’on a parfois cru dépassé. Loin de disparaître, le paysage n’a cessé de se réinventer, demeurant un formidable terrain d’expérimentation artistique. Nature sauvage, paysages urbains, compositions abstraites ou imaginaires : le parcours réunira plus d’une centaine d’œuvres.

© LOU BENOIST / AFP

«Histoires de paysages (1890-2026)», du 24 septembre 2026 au 31 janvier 2027, Musée Marmottan Monet, Paris 16e.

«Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au XIXe siècle»

Derrière un simple pantalon ou un haut-de-forme se cachait parfois une conquête de liberté. En retraçant l’histoire de ces femmes qui ont adopté les codes du vestiaire masculin, le Palais Galliera raconte une autre histoire de la mode, plus audacieuse et plus politique. Entre costumes d’amazone, tailleurs, photographies inédites et la garde-robe de Rosa Bonheur, pionnière du féminisme, dévoilée presque intégralement pour la première fois, aux côtés de pièces ayant appartenu à des figures comme George Sand, l’exposition montre comment le vêtement est devenu un véritable manifeste, tout en éclairant l’évolution des rôles sociaux et des identités féminines.

©DR/Palais Galliera

«Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au XIXe siècle», du 26 septembre 2026 au 14 février 2027, Palais Galliera, Paris 16e. 

«Hassan Hajjaj + Acid Arab. My Rock Stars»

En septembre prochain, la Philharmonie de Paris ouvre les portes de l’univers foisonnant de Hassan Hajjaj, artiste touche-à-tout, surnommé affectueusement «Andy Wahloo» par son ami le chanteur Rachid Taha. Avec ses portraits éclatants, ses décors exubérants et ses modèles, de Madonna à Billie Eilish, en passant par les maîtres gnawa, cet autodidacte marocain, installé à Londres depuis les années 1980, brouille avec audace les frontières entre photographie, mode, design et pop culture. Vibrante, visuelle et sonore, «My Rock Stars» retrace son parcours diasporique au rythme d’une création inédite du groupe Acid Arab, qui fusionne les sonorités traditionnelles d’Afrique du Nord avec les pulsations de l’électro.

© Billie Eilish par Hassan Hajjaj

«Hassan Hajjaj + Acid Arab. My Rock Stars», du 22 septembre 2026 au 25 avril 2027, Philharmonie de Paris, Paris 19e.

«Artistes au Muséum»

Un laboratoire biologique et artistique. À l’occasion de ses 400 ans, le Muséum national d’Histoire naturelle dévoile un trésor méconnu : ses collections d’art. Présentée à la Grande Galerie de l’Évolution, l’exposition «Artistes au Muséum» réunit plus de 300 œuvres qui racontent quatre siècles de dialogue entre art et science. Peintures, dessins, sculptures, photographies, taxidermies et vélins retracent l’histoire des artistes venus observer animaux et plantes exotiques au Jardin des Plantes, d’Henri Rousseau à Salvador Dalí, en passant par François Pompon et Alberto Giacometti. Tous y ont trouvé une source d’inspiration, transformant l’observation du vivant en œuvres d’art.

Vélin de bananier (Musa paradisiaca) par Madeleine Basseporte © MNHN

«Artistes au Muséum», du 23 septembre 2026 au 7 mars 2027, Muséum national d’Histoire naturelle, Grande Galerie de l’Évolution, Paris 5e.

«Remember Me»

Ne pas oublier. À l’occasion du bicentenaire de l’invention de la photographie, la Bourse de Commerce consacre une exposition exceptionnelle à ce médium. Intitulée «Remember Me», elle réunit pour la première fois près de 700 œuvres de plus de 70 artistes issues de la Collection Pinault. De Gustave Le Gray à Cindy Sherman, en passant par Barbara Kruger, Man Ray, Dorothea Lange, Richard Avedon ou Wolfgang Tillmans, le parcours fait dialoguer les époques et les esthétiques, sans ordre chronologique. Une traversée libre qui explore la photographie comme mémoire du monde, entre souvenirs, traces et réinventions. Une réflexion sensible sur ce que le temps efface… ou laisse derrière lui.

© Barbara Kruger, Untitled (Remember me). Courtesy de l’artiste et de Sprüth Magers. Pinault Collection

«Remember Me», à partir du 7 octobre 2026, Bourse de Commerce – Pinault Collection, Paris 1er. 

«Le savoir en trompe-l’œil. Corée, 18e-20e siècle»

Une bibliothèque… en apparence seulement. Le Musée Guimet, quant à lui, dévoilera un fascinant pan de l’art coréen avec «Le savoir en trompe-l’œil», consacré aux peintures de bibliothèques qui se sont développées sous la dynastie Joseon. Derrière ces étagères peintes se déploie un univers où livres, porcelaines, objets précieux et créatures fantastiques se mêlent dans de saisissants jeux de perspective. Réunissant des chefs-d’œuvre venus de Séoul, du Louvre ou encore de Singapour, l’exposition révèle un art où l’illusion d’optique célèbre le savoir et l’imaginaire.

© National Museum of Korea’s public work is used according to KOGL

«Le savoir en trompe-l’œil. Corée, 18e-20e siècle», du 16 septembre 2026 au 4 janvier 2027, Musée Guimet, Paris 16e. 



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