Elle affirme ne « pas avoir peur » de la décision de la cour d’appel de Paris, attendue le 7 juillet dans l’affaire des assistants d’eurodéputés du RN. Une peine d’inéligibilité supérieure à deux ans empêcherait néanmoins Marine Le Pen de concourir à la présidentielle de 2027. C’est donc son avenir politique qui se jouera sous les ors de la première chambre, où elle était rejugée pour détournement de fonds publics du 13 janvier au 11 février, avec le parti et dix autres cadres, dont les députés Julien Odoul et Timothée Houssin, le maire de Perpignan Louis Aliot et encore deux figures historiques du mouvement Bruno Gollnisch et Wallerand de Saint-Just.
C’est dans cette même salle d’audience, 34 ans plus tôt, que Marine Le Pen avait prêté serment comme avocate, comme beaucoup de robes noires. Un lieu chargé d’histoire, où se sont tenus aussi nombre de procès retentissants : Dominique de Villepin dans l’affaire Clearstream, Édouard Balladur dans l’affaire Karachi, ou plus loin encore Philippe Pétain en 1945. Entre mars et mai dernier, c’est Nicolas Sarkozy qui y comparaissait en appel dans le dossier du financement libyen présumé de sa campagne de 2007.
Cinq années d’inéligibilité requises
Mardi, les prévenus soupçonnés d’avoir participé, entre 2004 et 2016, à un « système » pour rémunérer sur des fonds du Parlement européen des assistants parlementaires qui travaillaient en réalité pour le parti, ont rendez-vous pour le délibéré à 13 h 30. Un mur de caméras et d’appareils photo les accueillera. 574 journalistes de 100 médias différents ont été accrédités pour suivre le procès, dont une vingtaine d’étrangers (espagnol, allemand, japonais, néerlandais, américain, suisse…).
Une fois l’audience ouverte, la présidente de la cour, Michèle Agi, lira son arrêt. Si aucune durée n’est communiquée, beaucoup évoquent deux heures au minimum.
En première instance, Marine Le Pen, qui a toujours contesté les faits reprochés, avait quitté le tribunal après l’annonce de sa culpabilité et de l’exécution immédiate d’une peine d’inéligibilité, sans même attendre le détail des sanctions : quatre ans de prison dont deux ferme, 100 000 € d’amende et 5 ans d’inéligibilité.
Le parquet général a requis cette fois quatre ans de prison, dont un ferme sous bracelet électronique, la même amende et surtout encore 5 ans d’inéligibilité, sans demander toutefois d’exécution provisoire. La défense a plaidé la relaxe ou, à défaut, du sursis.
