Sécheresse : la situation des nappes phréatiques « se dégrade », 63 % d’entre elles sous les normales au 1er août

par ludovic



En résumé

Le BRGM, le service géologique national a donné ce lundi 10 août un état des lieux des nappes phréatiques en France.

L’hydrogéologue et membre du BRGM David Ratheau a noté une vidange de ces nappes beaucoup plus intense à partir du 1er juin 2026.

« 63 % des points d’observation se situent en dessous des niveaux des normales », note le spécialiste, alors qu’une vague de chaleur s’abat sur le pays.

« Des niveaux plus dégradés cette année que l’année précédente ». Lors d’une conférence de presse organisée ce lundi 10 août, le BRGM (le service géologique national qui assure la surveillance du niveau des nappes phréatiques et de la qualité des eaux souterraines en France), a effectué un état des lieux des nappes d’eau souterraine, alors que la France est en proie à une succession de vagues de chaleur durables depuis le début du mois de juin.

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L’hydrogéologue et membre du BRGM David Ratheau a noté « une vidange de ces nappes beaucoup plus intense à partir du 1er juin » 2026. Cette baisse du niveau des nappes en France, un phénomène classique pendant l’été, est pourtant particulièrement forte cette année. Elle est « liée au déficit pluviométrique et à l’augmentation de la demande en eau, notamment liée aux canicules », note l’expert, précisant que « 63 % des points d’observation se situent en dessous des niveaux des normales » de saison, avec « des niveaux plus dégradés cette année que l’année précédente ». C’est quasiment 10 points de plus qu’un mois plus tôt (54 % sous les normales au 1er juillet).

Selon les données de Météo France, le mois de juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré en France et le troisième mois de juillet le plus pauvre en précipitations avec un déficit de pluie de près de 70 % à l’échelle nationale.

« Des situations dégradées localement », notamment dans le Limousin

Au 1er août, une seule nappe présente « une recharge stabilisée », indique l’hydrologue, en mentionnant celle du Sundgau, au sud de Colmar. Ce qui signifie que toutes les autres nappes d’eau de l’Hexagone possèdent des niveaux de recharge à la baisse. Il décrit ce niveau, à l’échelle du pays, comme « assez contrasté, avec localement des situations dégradées ».

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La situation est notamment « satisfaisante dans le pourtour de la Méditerranée », où le niveau des nappes se situe « plutôt autour de la moyenne, voire est modérément haut »,. Partout ailleurs, le spécialiste mentionne des « situations déficitaires », en particulier en Lorraine, Champagne, Charente et l’Est du massif central. La situation est « très dégradée » pour le Limousin. Cette sécheresse n’atteint pas encore la sévérité observée en 2022, année de sécheresse historique en France : au 1er août 2022, 73 % des nappes affichaient des niveaux inférieurs aux normales.

Une nouvelle « augmentation des prélèvements d’eau » à venir

Quels effets pourrait avoir la nouvelle vague de chaleur qui s’accentue depuis ce lundi sur l’état actuel des nappes ? « Elle n’aura pas d’effet direct sur les eaux sous le sol », répond l’hydrologue, qui anticipe toutefois une « augmentation des prélèvements d’eau ». « Il fait chaud, on a plus besoin d’eau, pour différents usages. Si on va encore prélever dans les ressources souterraines, on aura un impact », détaille David Ratheau, qui espère que ce dernier soit « compensé par l’application des arrêtés sécheresse ».

Le gouvernement a indiqué que près de 70 % de la France faisait déjà l’objet de mesures de restrictions de l’eau, annonçant la tenue d’une nouvelle réunion de crise mercredi. « Mais il faut qu’il pleuve et que les températures baissent, si on veut changer de trajectoire », insiste le spécialiste de l’eau.

Concernant les trois prochains mois, alors que Météo France évoque « 60 % de probabilités d’avoir une situation plus chaude que les années précédentes », rappelle David Ratheau, l’hydrologue veut rester prudent : « On estime qu’on a des prévisions incertaines, tout dépendra des pluies qui pourraient arriver ces prochaines semaines ». Le spécialiste évoque des « sols tellement secs, avec une végétation qui a tellement besoin d’eau, qu’il faudra attendre l’automne, voire le début de l’hiver, pour avoir un début de recharge des nappes ».

Des impacts « sur la faune et la flore »

« Une bonne recharge des nappes, comme on a pu avoir en février, ne protège pas contre une sécheresse estivale », prévient-il. « Plus il y a d’eau dans la nappe au printemps, plus l’été se passe sereinement. Tout dépend des réserves à la sortie de l’hiver », note ce membre du BRGM. Il décrit, parmi les conséquences de cette baisse des niveaux depuis juin dernier, des « impacts sur la faune et la flore, avec beaucoup moins d’eau, ou une eau plus chaude », voire des « cours d’eau à sec ». Ce qui signifie un « impact sur la qualité générale des cours d’eau ».

L’hydrologue esquisse aussi quelques pistes pour lutter contre cette vidange précoce des nappes : à l’échelle individuelle, prendre des douches plutôt que des bains ou réutiliser les eaux non conventionnelles, travailler en circuit fermé pour les industriels, planter des cultures moins consommatrices, ou encore développer, pour ces dernières, une irrigation avec des solutions portées par la haute technologie.



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