Tchernobyl: 40 ans après, des incertitudes persistantes sur les conséquences sanitaires en France

par ludovic



Il y a quatre décennies, plusieurs régions de l’est de la France ont été touchées par des particules radioactives transportées par les vents à la suite de l’explosion survenue à la centrale nucléaire de Tchernobyl. Longtemps considérées comme négligeables par le service central de protection contre les rayonnements ionisants, ces retombées continuent pourtant de susciter des interrogations, notamment en raison de l’absence d’accès exhaustif aux informations disponibles. Créée peu après l’accident, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) réclame aujourd’hui une transparence accrue de la part des institutions françaises.

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La catastrophe de Tchernobyl, survenue le 26 avril 1986, remonte à 40 ans. Pourtant, certains territoires de l’est de la France affichent encore aujourd’hui des taux de radioactivité supérieurs à la moyenne nationale. D’après l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), cela concerne notamment l’Alsace, les Vosges, la vallée du Rhône, le Puy-de-Dôme, la partie orientale de la Corse, les Alpes-de-Haute-Provence ainsi que les Pyrénées-Atlantiques. Bien que les niveaux mesurés dans les sols, la végétation et certains aliments y aient baissé au fil des années, ils restent « plus élevés qu’ailleurs ».

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Des effets sanitaires difficiles à établir

Sur le plan sanitaire, l’impact des particules radioactives est soupçonné d’avoir contribué à l’apparition de pathologies thyroïdiennes, telles que certains cancers. Toutefois, en l’absence d’investigations suffisamment poussées, il n’a jamais été possible d’établir une corrélation formelle. Bruno Chareyron, conseiller scientifique à la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), plaide aujourd’hui pour la réalisation d’études approfondies et pour une communication claire des données disponibles.

« Ces cas de cancers ne sont pas identifiables de façon évidente. Pour en juger, il serait nécessaire de mener des recherches épidémiologiques très détaillées », précise-t-il au micro d’Amélie Beaucour pour RFI. Il évoque également d’autres maladies pouvant être liées à l’exposition à l’iode radioactif, notamment les hypothyroïdies néonatales. « Un pic de fréquence 14 fois supérieur à la normale a été enregistré dans la région PACA, incluant la Corse », affirme-t-il, en demandant la publication de statistiques précises « mois par mois » sur la survenue de ces troubles.

Fondée dans la foulée de l’accident, la CRIIRAD sollicite donc des autorités françaises qu’elles fassent preuve de davantage d’ouverture. Par le biais de lettres transmises en mars au ministère de la Santé puis en avril au président de la République, l’association réclame la reconnaissance de plusieurs défaillances en matière de santé publique. Elle mentionne des infractions aux réglementations européennes de protection de la population qui auraient eu lieu il y a 40 ans.

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