Violences dans le périscolaire à Paris : le parquet enquête sur 84 écoles maternelles, une vingtaine d’élémentaires et une dizaine de crèches

par ludovic



Le parquet de Paris a lancé plusieurs enquêtes concernant des allégations de violences dans des écoles maternelles, élémentaires ainsi que des crèches. Plusieurs investigations sont en cours et les suspensions d’employés se multiplient. La municipalité s’engage à réformer et à présenter un plan d’action dans un climat particulièrement tendu.

La surveillance s’intensifie sur le secteur périscolaire à Paris. Le parquet de Paris a lancé des investigations sur de présumés cas de violences dans 84 écoles maternelles, environ 20 écoles élémentaires et près de 10 crèches, a déclaré la procureure de Paris, Laure Beccuau, dimanche sur RTL.

«À ce jour, nous avons ouvert trois informations judiciaires, qui ont été confiées à des juges d’instruction, et cinq citations à comparaître devant le tribunal correctionnel», a-t-elle précisé. Elle a également signalé qu’un animateur avait été placé en détention provisoire.

Laure Beccuau a insisté sur l’aspect «urgemment prioritaire» de ce dossier, soulignant la mobilisation significative de la brigade criminelle, également chargée d’enquêtes sur des cas d’inceste.

78 agents municipaux parisiens suspendus

Depuis janvier 2026, 78 agents de la Ville de Paris ont été suspendus dans les établissements scolaires de la capitale, dont 31 en raison de soupçons de violences sexuelles. 

Pour Emmanuel Grégoire, nouveau maire socialiste de Paris, ces chiffres révèlent une situation «systémique».

Face à la gravité de la situation, l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo a présenté à la mi-avril un plan d’action doté d’un budget de 20 millions d’euros pour le périscolaire, affirmant qu’il s’agit de la «priorité majeure» de son début de mandat.

«Transparence absolue»

Le plan prévoit notamment de simplifier la chaîne de signalement par la mise en place d’une cellule d’écoute spécifique, ainsi qu’un engagement à une «transparence absolue» envers les familles. 

Il est également question de professionnaliser une filière marquée par la précarité, puisque la plupart des 14 000 animateurs parisiens sont des vacataires.

Du côté des parents, la demande de mesures complémentaires s’intensifie. Au-delà de la capitale, les collectifs SOS Périscolaire et #MeTooEcole appellent à la création de dispositifs nationaux et à une approche interministérielle.

À Paris, les syndicats du secteur critiquent ce qu’ils qualifient de «politique répressive de la municipalité», affirmant que des «suspensions automatiques» sont appliquées dans une filière déjà confrontée à un «sous-effectif chronique». Ils ont appelé à la grève jusqu’au 22 mai.



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