Ce mardi soir, dans les locaux du M Cook studio situés dans le 14ᵉ arrondissement de Paris, la cheffe Delphine reçoit cinq apprentis cuisiniers pour une initiation à la cuisine libanaise. Au programme : salade fattouche, shawarma d’agneau servi avec houmous, et en dessert, une knafeh. Chacun se voit attribuer une mission : émincer les légumes, préparer la marinade de la viande, concocter un sirop parfumé à l’eau de rose, le tout sous la surveillance attentive de Delphine. Tous les participants maîtrisent déjà les fondamentaux de la cuisine et souhaitent élargir leur palette de saveurs et apprendre de nouvelles techniques.
Autour du plan de travail, Pierre-Jérôme, qui s’est initié à la boulangerie maison pendant la pandémie, est rejoint par Chantal, passionnée par les aliments lacto-fermentés et habituée des ateliers culinaires. Céline, quant à elle, sait déjà confectionner mozzarella et pâtes fraîches. Laurence, experte en gastronomie française, souhaite explorer les cuisines du monde. Alexis, qui excelle dans l’art de découper les légumes pour la salade, rêvait enfant de devenir chef. « Ils viennent pour apprendre les petits secrets et perfectionner leurs techniques », explique Delphine. Ce soir-là, elle leur livre ses conseils, comme incorporer des glaçons dans le houmous pour une texture plus crémeuse ou adoucir l’oignon cru en le salant avant de l’ajouter à la salade. Après deux heures d’efforts, chacun savoure les mets préparés ensemble.
Mounia observe cet intérêt croissant pour les ateliers culinaires depuis plusieurs mois. Experte en pâtisserie, elle anime des cours pour le grand public depuis 10 ans. En juin 2024, elle décide de lancer le M Cook studio afin d’élargir son offre et propose désormais des sessions dédiées à la cuisine italienne, japonaise ou végétale. « Ce sont les cours sur la cuisine végétale qui rencontrent actuellement le plus de succès. La plupart des participants ne sont pas végétariens, mais souhaitent réduire leur consommation de viande et sont en quête de nouvelles idées pour végétaliser leurs repas », explique-t-elle. Pour assurer sa visibilité et remplir ses ateliers, elle utilise des plateformes telles que We Can Doo, Airbnb expérience et Fun Booker, devenues incontournables pour générer des réservations. « Depuis une campagne spéciale durant le Black Friday de novembre dernier, la vente de cartes-cadeaux a nettement augmenté », précise-t-elle.
L’envie de se perfectionner
Cette dynamique est confirmée par la plateforme We Can Doo, créée en 2017, qui permet de s’inscrire à des ateliers pour apprendre à réaliser des raviolis maison, souffler du verre, brasser sa propre bière ou façonner une bague en laiton. En 2025, la fréquentation des cours de cuisine a explosé de 236 % en un an, atteignant 47 000 participants contre 14 000 en 2024. L’année 2026 s’annonce déjà record, avec une hausse de 40 % des inscriptions sur les premiers mois comparé à janvier 2025.
Les statistiques sont encore plus marquantes dans certaines métropoles où la plateforme se développe : « À Lyon, la participation aux ateliers culinaires a progressé de 229 %, et dans le Grand Est, nous enregistrons une hausse de 750 % », souligne Édouard Eyglunent, cofondateur de We Can Doo. « En général, la cuisine du monde séduit énormément, mais deux origines tirent leur épingle du jeu : l’Italie et le Japon. Les ateliers thématiques ont aussi le vent en poupe. À Lyon par exemple, apprendre à préparer un pâté en croûte est très demandé », ajoute-t-il.
Ce phénomène s’explique en partie par l’enthousiasme des Français pour la cuisine, né pendant la crise sanitaire. Beaucoup ont profité du confinement pour faire leur pain, fabriquer leurs yaourts ou simplement cuisiner
