Les forêts s’étendent sur environ un tiers de la France. Elles servent d’habitat à de nombreuses espèces et jouent un rôle vital dans la capture du carbone, absorbant près de 10% des émissions nationales de gaz à effet de serre.
Pour certains, la forêt représente également une opportunité lucrative : le bois constitue une ressource clé pour divers secteurs comme la construction, l’ameublement ou l’industrie papetière.
Le portail officiel de l’Observatoire des forêts françaises identifie trois grands usages du bois : industriel (18% des volumes récoltés), énergétique (49%) et bois d’œuvre (33%). La filière forêt-bois a généré, en 2022, une production estimée à 54 milliards d’euros.
Un marché robuste
La propriété privée représente près de 75% de la superficie forestière en France, soit 12,7 millions d’hectares, avec un marché porté principalement par les petites parcelles (celles inférieures à 10 hectares représentant 37% des transactions).
D’après Forêt Patrimoine, site spécialisé dans la transaction forestière, 148 000 hectares ont changé de mains en 2024 (+4,8% sur un an), pour un total supérieur à 2 milliards d’euros. Ce secteur est particulièrement organisé et fortement réglementé.
Investir dans la forêt peut s’avérer judicieux à long terme. Les rendements annuels restent modestes, autour de 2 à 3%, mais se révèlent relativement constants. Cette stabilité attire alors que la demande de bois ne cesse de croître.
Terragree, spécialiste du secteur, indique que la valeur de l’hectare a progressé de 122% entre 1998 et 2024, passant de 2 140 euros à 4 850 euros, ce qui représente une hausse annuelle moyenne de 3%.
Un atout fiscal
Un investissement forestier constitue une valeur refuge face à l’inflation. Il offre aussi une diversification intéressante pour un portefeuille, étant faiblement corrélé aux marchés financiers traditionnels.
Autre avantage, l’investissement donne droit à un crédit d’impôt de 25% de la somme investie, dans la limite de 6 250 euros pour une personne seule (12 500 euros pour un couple). Pour en profiter, il faut cependant s’engager à conserver la parcelle acquise pendant au moins quinze ans, et à suivre un plan de gestion validé par le centre régional de la propriété forestière.
Cette démarche est quelque peu contraignante, mais il est essentiel de gérer une forêt avec sérieux. L’entretien demande une bonne connaissance des essences présentes, car leurs valeurs individuelles peuvent varier considérablement.
Un marché peu accessible
La forêt demeure difficile d’accès pour les nouveaux acquéreurs, car les propriétés se transmettent souvent de génération en génération.
En outre, pour la vente d’une parcelle boisée de moins de 4 hectares, le code forestier accorde un droit de priorité aux propriétaires de forêts voisines attenantes.
Quels sont les risques ?
Investir dans la forêt n’est pas exempt de risques. Les arbres peuvent subir des attaques de parasites, entraînant des coupes à blanc, tandis que tempêtes et incendies demeurent des menaces. Pour mutualiser les risques, il est possible d’opter pour un groupement forestier (GFI).
Il s’agit alors d’un investissement dans de la « forêt-papier ». Plusieurs sociétés de gestion proposent ce type de placement.
