Estée Lauder prévoit jusqu’à 3.000 suppressions d’emplois supplémentaires

par ludovic


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Reuters

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2 mai 2026

Estée Lauder a relevé ses perspectives de bénéfices pour l’année ce vendredi et annoncé la suppression de postes additionnels, pouvant impacter jusqu’à 3 000 employés à l’échelle internationale. Le géant américain intensifie ainsi la restructuration majeure qu’il a entreprise.

Produits Estée Lauder – Bloomberg


Le groupe, détenteur des marques Clinique et M.A.C, actuellement en discussions pour une éventuelle fusion avec Puig, la maison mère de Jean Paul Gaultier, anticipe désormais entre 9 000 et 10 000 suppressions de postes, soit bien plus que l’estimation initiale qui n’excédait pas 7 000. L’objectif visé est de générer jusqu’à 1,2 milliard de dollars d’économies annuelles. Cette nouvelle cible pourrait représenter 17,5 % de la main-d’œuvre mondiale, qui s’élevait à 57 000 salariés au 30 juin 2025 selon le dernier rapport annuel d’Estée Lauder.

« L’accroissement des suppressions de postes prévues pourrait montrer qu’à la lumière des négociations de fusion, Estée Lauder serait en mesure de retirer davantage d’effectifs de son côté tout en conservant ceux de Puig », a expliqué Sky Canaves, analyste chez eMarketer. La société a précisé que plus de 70 % des suppressions additionnelles concerneraient les équipes travaillant dans les grands magasins, alors qu’elle concentre désormais sa stratégie sur les circuits de distribution numérique et spécialisés, en forte progression, tels que Ulta, Sephora, Amazon et TikTok Shop.

La restructuration s’accélère

L’orientation stratégique d’Estée Lauder vers des lancements de produits haut de gamme et l’optimisation de sa chaîne logistique, impulsée par l’initiative « Beauty Reimagined » du PDG Stéphane de La Faverie, ont permis de stimuler les ventes trimestrielles sur les marchés du luxe, notamment en Chine et en Europe. Pour renforcer sa présence dans la parfumerie, alors que la demande américaine reste atone, Estée Lauder explore un rapprochement avec le groupe catalan Puig.

Les activités des marques de luxe ont également été touchées à Dubaï et Abou Dhabi, en raison des répercussions du conflit en Iran, qui a perturbé le marché affichant la croissance la plus rapide du secteur. Le groupe français LVMH a déclaré en avril que la guerre en Iran avait réduit ses ventes d’au moins 1 % sur le dernier trimestre. De son côté, Puig a fait savoir cette semaine que la crise pesait sur la demande, tout en maintenant inchangées ses prévisions pour l’année entière.

Estée Lauder a signalé que ce conflit avait amputé d’un point de pourcentage ses ventes trimestrielles, anticipant une répercussion de deux points au quatrième trimestre de son exercice fiscal décalé. L’entreprise prévoit désormais un bénéfice ajusté annuel compris entre 2,35 et 2,45 dollars par action, contre une fourchette précédente de 2,05 à 2,25 dollars. Elle s’attend également à une croissance organique du chiffre d’affaires dans le haut de la fourchette 1 % à 3 % annoncée antérieurement.

Elle a précisé que ces prévisions partent du principe qu’il n’y aura pas de détérioration supplémentaire de la situation géopolitique, notamment en ce qui concerne les droits de douane, la confiance des consommateurs ou de nouvelles perturbations dans la région du Moyen-Orient, au-delà de mai 2026.
Les ventes trimestrielles ont progressé, atteignant 3,71 milliards de dollars (3,16 milliards d’euros), dépassant l’estimation des analystes qui tablaient sur 3,69 milliards de dollars, d’après LSEG. Le bénéfice ajusté s’est élevé à 88 cents par action, alors que le consensus attendait 65 cents.

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