Le luxe franco-italien harmonise ses exigences RSE : une clarification pour la chaîne de valeur

par ludovic


Parler une langue commune : c’est le projet mené par la Fédération de la Haute Couture et de la Mode ainsi que la Camera Nazionale della Moda. Entre ces deux grandes institutions française et italienne, réunissant la majorité des plus grandes maisons de luxe mondiales, il ne s’agit pas seulement d’un rapprochement franco-italien, mais bien de la définition d’un référentiel partagé pour l’ensemble du secteur sur les enjeux de responsabilité sociale et environnementale.

Les fédérations apportent des conseils pour les sous-traitants des marques de luxe – Shutterstock

Ce mercredi, les deux organisations dévoilent à l’attention des très nombreux sous-traitants du secteur un référentiel d’harmonisation commun, issu de deux ans de collaboration entre les institutions, mais aussi de discussions approfondies avec les donneurs d’ordre et les instances européennes. Présenté comme « une première étape » dans leur communication conjointe, ce cadre disponible en ligne vise à répondre à une situation où « la diversité des approches entraîne une complexité administrative croissante pour les prestataires, particulièrement les petits ateliers, accentuant la pression sur les structures les plus fragiles du secteur ». En effet, des groupes d’envergure tels que LVMH, Chanel, Prada, Kering, Tod’s et Richemont s’appuient sur plusieurs milliers de fournisseurs de premier rang en Europe, lesquels s’appuient eux-mêmes sur un réseau étendu de sous-traitants. Contrairement à l’industrie du prêt-à-porter, largement automatisée, la filière du luxe et de la création collabore encore avec de nombreux artisans et de petites structures, qui doivent gérer des démarches administratives complexes liées aux réglementations sociales et environnementales.

Qu’apporte concrètement cette démarche ? Pour l’essentiel, elle rappelle les cadres réglementaires en matière sociale et environnementale. Pour de nombreuses très petites entreprises, souvent dépourvues de personnel spécialisé, l’accès aux textes réglementaires représente une contrainte majeure. Ce cadre met en avant les points de vigilance essentiels pour assurer la conformité sur la gouvernance d’entreprise, la santé et la sécurité au travail, le respect des droits humains et des conditions de travail, ainsi que sur les aspects environnementaux. Les fédérations proposent également une liste de documents à privilégier, tels que des registres de consommation énergétique et d’eau, les justificatifs des salariés temporaires, les supports d’information sur les droits des collaborateurs et prestataires, les certificats de conformité des bâtiments, équipements et machines, ou encore les preuves contractuelles relatives à la production de produits pour une marque. Même s’il ne s’agit pour l’instant que de recommandations, l’objectif de la filière est d’apporter une meilleure lisibilité des démarches pour les fournisseurs, tout en renforçant la traçabilité et le cadre des pratiques professionnelles.

Cette évolution n’est guère surprenante. Récemment, les difficultés rencontrées par plusieurs maisons de luxe en Italie, concernant la production réalisée dans des ateliers partenaires, ont mis en lumière une faiblesse structurelle du secteur. Malgré le renforcement des contrôles internes et la révision de certaines étapes de la chaîne de valeur par les groupes, l’ensemble de la filière se doit d’afficher un niveau d’exemplarité élevé pour rassurer les consommateurs du luxe.

Par ailleurs, les dispositifs RSE au niveau européen se précisent encore. Les marques se préparent à l’arrivée généralisée du passeport numérique des produits (DPP), qui obligera les entreprises à fournir, via un identifiant unique, des informations fiables et exhaustives sur leurs articles tout au long de leur cycle de vie. Les marques devront ainsi communiquer sur la composition, la durabilité et la conformité de leurs produits… Autant d’éléments pour lesquels il leur faudra fiabiliser et sécuriser la transmission d’informations de la part de leurs fournisseurs.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2026 FashionNetwork.com



Source link

Vous pouvez aussi aimer

Laisser un commentaire