Les services secrets allemands se tournent vers le français ChapsVision pour leur logiciel d’analyse de données, afin d’éviter Palantir

par ludovic


Peu à peu, la notion de souveraineté numérique prend racine en Allemagne, un pays pourtant friand de technologies informatiques venues des États-Unis. Selon des révélations diffusées par les chaînes publiques régionales WDR et NDR, ainsi que par le journal Süddeutsche Zeitung, l’Office fédéral pour la protection de la Constitution – le service de renseignement intérieur allemand – a choisi d’adopter un logiciel d’analyse de données d’origine européenne, afin de ne pas dépendre de la société américaine Palantir. C’est la société française ChapsVision, créée par l’ingénieur Olivier Dellenbach, qui a été sélectionnée pour répondre à ce besoin.

Le recours aux services de Palantir par la police ou les services de renseignement fait l’objet de vifs débats en Allemagne depuis plusieurs années. Spécialisée dans l’analyse de vastes ensembles de données issues de multiples sources, Palantir propose des solutions permettant aux institutions publiques de défense, de renseignement, de police et de sécurité d’agir avec plus de rapidité et d’efficacité. Mais l’entreprise suscite de nombreuses polémiques, notamment pour son rôle clé dans les actions de l’agence américaine de l’immigration, l’ICE, ainsi que pour ses liens avec l’investisseur Peter Thiel, qui a publiquement critiqué à plusieurs reprises le modèle démocratique libéral. Les questions relatives à la protection des données personnelles et au manque de transparence du système suscitent également de vives préoccupations.

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