Le JNIM détaille les cibles visées lors des attaques de samedi
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a annoncé samedi avoir mené, en coordination avec la rébellion touareg, une série d’attaques coordonnées contre des sites stratégiques de la junte au pouvoir au Mali, en banlieue de Bamako et dans plusieurs grandes villes du pays.
Dans un communiqué, le JNIM, qui combat depuis des années les autorités militaires à Bamako, revendique la « responsabilité » des attaques survenues samedi contre « la résidence du président malien Assimi Goïta, le domicile du ministre de la Défense Sadio Camara, l’aéroport international » de Bamako, ainsi que « plusieurs sites militaires dans la ville voisine de Kati ».
L’organisation affirme également s’être emparée de la ville stratégique de Kidal (Nord) « après une opération réussie contre l’armée malienne et les mercenaires russes, avec l’aide de nos alliés du FLA » (Front de libération de l’Azawad), la faction touareg insurgée.
Le JNIM revendique ses attaques dans un communiqué officiel
Samedi, les jihadistes du JNIM ont revendiqué les offensives ayant touché plusieurs localités maliennes, menées de concert avec les rebelles touaregs. Ce communiqué, relayé notamment par Wassim Nasr, journaliste de France 24 spécialiste des mouvements jihadistes, officialise leur responsabilité.
Le JNIM annonce des attaques menées conjointement avec les rebelles touaregs dans tout le pays
Les forces maliennes et russes confinées dans leurs bases à Gao et Kidal
Les Forces armées maliennes (FAMa) et les troupes russes sont retranchées dans leurs bases à Gao et Kidal, où elles subissent toujours les tirs de mortiers et de mitrailleuses lourdes des assaillants, rapporte Wassim Nasr, expert des mouvements jihadistes pour France 24.
🎥 Le point sur la situation à la mi-journée par le correspondant régional de France 24
« Des chars de l’armée malienne sont déployés à des points clés de Kati, mais à la sortie nord, des jihadistes à moto restent visibles », explique Serge Daniel, correspondant régional de France 24, lors de son intervention à la mi-journée. Son analyse complète peut être retrouvée en cliquant sur la vidéo ci-dessous.
L’Union africaine condamne fermement des attaques mettant les civils en péril
L’Union africaine (UA) a fermement dénoncé les attaques perpétrées samedi par des groupes armés au Mali, tant dans la capitale que dans plusieurs autres villes, avertissant qu’elles « pourraient exposer les populations civiles à de graves dangers ».
Dans un communiqué, le président de la Commission de l’UA « condamne avec fermeté ces attaques qui risquent grandement de mettre en péril les civils », a précisé l’organisation panafricaine.
🎥 « JNIM et FLA partagent des ennemis mais poursuivent des objectifs distincts »
Jean-Hervé Jezequel, directeur du projet Sahel à l’International Crisis Group, a livré son analyse sur les attaques concertées au Mali lors d’une intervention sur France 24.
La montée en puissance du JNIM représente une menace régionale majeure
Selon le chercheur Thomas van Linge, le JNIM ne compte pas limiter son action aux frontières du Mali, du Burkina Faso et du Niger, soulignant que ce groupe conserve une idéologie de jihadisme transnational.
Le Sahel, une région confrontée à la multiplication des rébellions jihadistes
Une carte diffusée sur les réseaux sociaux en septembre 2025 illustre l’ampleur de l’emprise des insurrections jihadistes, ou nationales dans le cas du Front de libération de l’Azawad (FLA), dans la zone sahélienne.
L’Union africaine exprime son appui au gouvernement malien
Actualisation de la situation au Mali par le correspondant de France 24
Serge Daniel, correspondant régional de France 24, fait le point sur l’évolution de la situation au Mali. À 11h, la situation restait confuse à Kati, près de Bamako, où se trouve le siège de la junte militaire.
Des assaillants étaient particulièrement visibles dans les rues de Gao et de Kidal.
« D’après mes sources, les jihadistes du JNIM et les insurgés du Front de libération de l’Azawad opèrent sur le même terrain, et des liens existent entre eux », a précisé le journaliste sur les réseaux sociaux.
L’armée malienne assure que la situation est « sous contrôle » après les récentes attaques à Bamako et ailleurs
« Les opérations de ratissage se poursuivent, la situation est désormais sous contrôle », a indiqué l’état-major de l’armée malienne dans un nouveau communiqué.
Les rebelles touaregs du FLA affirment avoir pris la ville stratégique de Kidal dans le nord du Mali
Les insurgés touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) annoncent avoir conquis samedi la ville clé de Kidal, située dans le nord, à la suite d’une attaque contre cet ancien bastion de leur mouvement, jusque-là contrôlé par l’armée malienne et des soldats russes.
« Kidal est désormais sous le contrôle de nos forces armées », a déclaré le FLA via un post sur Facebook.
« Nos troupes du FLA tiennent Kidal, l’essentiel de la ville. Le gouverneur s’est réfugié avec ses hommes dans l’ancien camp de la Minusma », la mission onusienne, a rapporté à l’AFP Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole des rebelles. L’AFP n’a pas pu vérifier cette déclaration de façon indépendante.
Le FLA, coalition touarègue indépendantiste, a été fondé en novembre 2024 et revendique l’Azawad, territoire du nord malien.
Ce groupe avait perdu plusieurs localités du Nord fin 2023 au terme d’une offensive de l’armée malienne et de mercenaires russes, qui s’était conclue par la reprise de Kidal, haut lieu de la contestation indépendantiste et enjeu majeur pour la souveraineté nationale.
« Les jihadistes du JNIM et les rebelles du FLA opèrent sur le même terrain », rapporte le journaliste Serge Daniel
La résidence du ministre malien de la Défense Sadio Camara aurait été détruite à Kati, selon plusieurs sources
Une vidéo partagée sur X par le journaliste Wassim Nasr montre la résidence endommagée du ministre de la Défense malien, Sadio Camara. « La maison de Sadio Camara, ministre de la défense à Kati, a été détruite et un hélicoptère a été abattu à Gao », a affirmé une source privée citée précédemment par notre journaliste.
Le sort du général Sadio Camara, ministre de la Défense, suscite de nombreuses spéculations. D’après des témoins, une forte explosion a dévasté sa résidence, causant d’importants dégâts matériels.
Malgré des rumeurs persistantes évoquant de possibles blessures, son entourage a fermement démenti ces bruits. Selon ses proches, le général Camara n’était pas à son domicile lors de l’explosion et serait « indemne ».
