Commission d’enquête sur l’audiovisuel public : le « rapport Alloncle » soumis au vote crucial de députés

par ludovic


Après plusieurs mois d’investigations menées dans un climat tendu, les députés doivent se prononcer ce lundi 27 avril sur la diffusion du rapport sur l’audiovisuel public, élaboré par Charles Alloncle, membre de l’Union des droites pour la République (UDR). Ce scrutin, jugé aussi décisif qu’incertain, intervient alors que des controverses persistent autour des méthodes employées.

Pour que le rapport portant sur « la neutralité et le financement » de l’audiovisuel public soit rendu accessible au public une semaine plus tard, il faut impérativement qu’il obtienne l’approbation de la majorité des 30 membres de la commission d’enquête, sur un sujet devenu hautement politique.

Bien qu’un rejet reste exceptionnel, les dissensions qui ont jalonné les discussions ainsi que les réactions initiales des députés, ayant pu prendre connaissance du texte à huis clos jeudi et vendredi, rendent tout résultat difficile à anticiper.

Lundi matin, Charles Alloncle déclarait sur RMC : « Je refuse de céder à ce chantage qui voudrait que l’on supprime des parties entières » du rapport. Néanmoins, il a tempéré : « J’ai l’intuition qu’au final, nous parviendrons à un compromis ». Les parlementaires, convoqués à huis clos à 14 h 30, étaient tenus de ne pas dévoiler le contenu du rapport. Cependant, de nombreuses informations ont déjà filtré.

80 préconisations pour une politique d’austérité rigoureuse

D’après des sources proches du dossier, ce rapport volumineux de plus de 300 pages regroupe près de 80 recommandations, dont plusieurs mesures radicales qui imposeraient à France Télévisions une réduction drastique de ses dépenses si elles étaient appliquées.

Parmi les orientations défendues par Charles Alloncle figure la suppression de la chaîne France 4 ainsi que France TV Slash, toutes deux destinées aux jeunes, afin de « redéployer les moyens » sur une nouvelle offre accessible via France.tv et les réseaux sociaux.

Le rapport prévoit également la fusion de France 2 et France 5 au profit d’une « chaîne généraliste majeure », ainsi que la réunification de franceinfo et France 24 sous une même structure. Sur le plan radiophonique, il propose la disparition du Mouv’, antenne spécialisée dans le hip-hop au sein de Radio France. Selon ces recommandations, les économies, estimées à un milliard d’euros, seraient réorientées vers « la préservation du patrimoine » national et la réduction de la dette publique.

Autres points notables : M. Alloncle recommande d’imposer une stricte neutralité aux animateurs des médias publics et suggère de réinstaurer la nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par l’Elysée. Certains élus du bloc central n’hésitent pas à qualifier ces mesures de « retour à l’ORTF ».

Des soupçons de proximité avec Bolloré

Outre le contenu même des propositions, plusieurs députés interrogés par l’Agence France-Presse (AFP) s’interrogent sur l’opportunité de valider la publication du rapport en raison du « ton » adopté, selon eux, par Charles Alloncle. « J’ai toujours préféré une publication transparente pour éviter toute suspicion de dissimulation. Toutefois, je ne peux pas cautionner les éléments erronés du rapport », précise la députée macroniste Céline Calvez.

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