Le nouveau Plan national pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBTI+ pour 2026-2029 prévoit la formation de tous les cadres de l’Éducation nationale afin de « mieux qualifier et signaler les actes anti-LGBTI+ ».
Le gouvernement veut « former 100% des cadres du ministère de l’Éducation nationale » afin de mieux lutter contre les discriminations anti-LGBT+, selon un nouveau plan dévoilé ce samedi 25 juillet par la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé.
Cette mesure vise à « mieux qualifier et signaler les actes anti-LGBTI+ » au sein des établissements scolaires, souligne le ministère dans un communiqué de presse de présentation du nouveau Plan national pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBTI+ pour la période 2026-2029. Cela prendra la forme d’un « module dédié à la lutte contre la haine anti-LGBT+ (…) ajouté à la formation des directeurs comme des inspecteurs » et d’un renforcement de la formation continue, a détaillé Aurore Bergé dans une interview à Libération.
4.900 infractions anti-LGBT+ en France en 2025
La ministre souhaite également que soit disponible dans tous les établissements scolaires, à la rentrée 2027, un vademecum sur la lutte contre les discriminations anti-LGBT+. « La question éducative est centrale quand on veut lutter contre ces phénomènes de violence et de haine », a-t-elle assuré dans une autre interview, au quotidien La Nouvelle République. La ministre déléguée y souligne que les victimes d’infractions anti-LGBT+ « sont de plus en plus jeunes » et qu’un quart des auteurs ont entre 13 et 17 ans.
« On a beaucoup progressé sur la formation des policiers, gendarmes, magistrats, sur les signalements par l’Éducation nationale » mais « on doit être beaucoup plus proactifs », ajoute-t-elle au sujet de ce plan dévoilé en marge de la manifestation des Fiertés rurales, la « Pride des campagnes », organisée ce samedi à Chenevelles (Vienne).
En 2025, 4.900 infractions anti-LGBT+ ont été enregistrées en France, en hausse de 2% sur un an, selon les chiffres du service statistique du ministère de l’Intérieur. Près de la moitié des victimes ont moins de 30 ans. Le plan national présenté samedi prévoit en outre de garantir, d’ici 2029, « la déjudiciarisation de la procédure de changement de sexe à l’état civil ». Ces procédures peuvent être « vécues de manière douloureuse », souligne la ministre à Libération. Ce plan doit également permettre que d’ici 2029, l’ensemble des départements français disposent d’au moins un centre LGBT+.
Auprès de Libération, Aurore Bergé dit souhaiter que ces centres « deviennent de véritables ressources en santé mentale », alors que « le risque suicidaire chez les jeunes LGBT+ est deux à sept fois supérieur que chez les hétérosexuels ».
