Lieu de passage et de rassemblements hétéroclites, l’esplanade surplombée de la Marianne, dans l’est de Paris, s’est imposée comme le point de ralliement des grandes manifestations marquées à gauche.
Un chaud lundi de juillet, la place de la République, à Paris, n’a rien d’une scène de meeting. Les sirènes couvrent le roulement des valises. Des vélos slaloment entre les piétons et contournent Marianne, dont le rameau d’olivier, pointé vers le ciel, surplombe les passants, 25 mètres plus haut. Sous les dalles grises, une rame de métro fait gronder l’esplanade. Un couple s’embrasse ; un homme avance sur un skateboard. C’est aussi cela « Répu », comme la surnomment les habitués : un lieu de passage et de rassemblements hétéroclites, à la jonction des 3e, 10e et 11e arrondissements.
C’est pourtant à cet endroit que, le 4 septembre 1958, Charles de Gaulle promeut la Constitution de la Ve République. La date fait écho au 4 septembre 1870, jour de la proclamation de la IIIe République. « Elle était la souveraineté du peuple, l’appel de la liberté, l’espérance de la justice », dit-il de la République, avant de promettre qu’elle deviendra « forte et stable » si les Français…
