Et si le processus de vieillissement humain pouvait être en partie inversé ? Jadis cantonnée à la science-fiction, cette perspective suscite aujourd’hui un intérêt croissant dans la communauté scientifique. Des équipes de recherche explorent désormais des techniques innovantes capables de rajeunir des cellules humaines, dans le but de restaurer certaines fonctions biologiques affaiblies par l’âge.
L’enjeu n’est pas de transformer un adulte en adolescent, mais de restituer à certaines cellules une part de leur vitalité initiale. D’après le chercheur Yuri Deigin, cofondateur de l’entreprise américaine YouthBio Therapeutics, ces avancées pourraient à terme contribuer à améliorer la vue, protéger le cerveau, ou encore préserver le bon fonctionnement des organes internes, selon Popular Mechanics.
Rajeunir les cellules tout en préservant leur fonction
Avec le temps, les cellules humaines subissent une dégradation progressive. Les scientifiques s’intéressent en particulier à l’épigénome, ce réseau de processus chimiques qui régule l’activation ou l’inhibition des gènes. Avec l’âge, cette régulation perd en efficacité. Les chercheurs cherchent donc à « reprogrammer » partiellement certaines cellules pour leur redonner un fonctionnement plus performant.
À l’heure actuelle, deux approches principales existent. L’une, très radicale, vise à ramener une cellule adulte à un état quasi embryonnaire. Cependant, cette méthode demeure complexe et comporte des risques importants.
La seconde stratégie, jugée plus sûre et porteuse d’espoir, s’appuie sur les fameux « facteurs de Yamanaka » : des gènes qui influencent l’horloge biologique cellulaire. Les chercheurs expérimentent leur activation contrôlée dans le but de restaurer certaines fonctions spécifiques, sans bouleverser totalement l’identité de la cellule.
Des tests cliniques humains en préparation
YouthBio Therapeutics annonce avoir mis au point plusieurs programmes de recherche expérimentale. Son projet phare, baptisé YB002, a récemment obtenu une autorisation de la FDA américaine, l’organisme de réglementation des médicaments aux États-Unis, ouvrant la voie à un premier essai clinique sur des patients humains.
À court terme, ces nouvelles thérapies pourraient principalement servir à traiter diverses pathologies liées au vieillissement. Les scientifiques évoquent notamment des applications potentielles pour les yeux, le cerveau, le cœur, le foie ou encore les muscles.
« Une thérapie peut permettre de rajeunir l’œil. Une autre pourrait cibler le cerveau ou le système immunitaire », précise Yuri Deigin. Les chercheurs restent cependant mesurés : il ne s’agit pas d’une « fontaine de jouvence », mais d’une série de traitements ciblés destinés à améliorer la performance de tissus vieillissants.
Selon plusieurs experts, ces progrès pourraient révolutionner la médecine au cours des prochaines décennies, en s’attaquant directement aux causes biologiques du vieillissement.
Cette « peau intelligente » permet par exemple de détecter instantanément la douleur, la température, les démangeaisons ou les réactions à certains agents irritants.
