Le président de la République française détient, aux côtés de l’évêque d’Urgell en Espagne, le titre de co-prince d’Andorre. Cette tradition séculaire, qui trouve ses origines au XIIIe siècle, perdure encore à ce jour.
Emmanuel Macron effectuera une visite en Andorre les lundi 27 et mardi 28 avril, un État où il occupe une fonction singulière. En effet, en plus de ses responsabilités de chef de l’État français, il assure également le rôle de co-prince de cette principauté enclavée des Pyrénées, entre la France et l’Espagne. Ce titre particulier est partagé avec l’évêque catholique de la ville espagnole frontalière d’Urgell, Mgr Josep-Lluis Serrano Pentinat.
Bien que l’Andorre soit un État pleinement souverain, doté de sa propre constitution, de ses lois et de son gouvernement, elle possède cette particularité institutionnelle unique au monde.
« Les Coprinces représentent le symbole et les garants de la continuité et de la stabilité de l’Andorre, ainsi que de son indépendance et de la préservation de l’esprit d’égalité qui caractérise les liens traditionnels d’équilibre avec les États voisins. Leur rôle exprime l’engagement international de l’État andorran, conformément à la Constitution », précise notamment la Constitution andorrane, adoptée en 1993.
Une tradition séculaire
Bien que le président de la République française et l’évêque d’Urgell soient co-princes, ils n’interviennent pas dans la gestion quotidienne du pays. « Le Conseil général, qui représente de façon mixte et paritaire la population nationale et les sept paroisses, détient le pouvoir législatif. Il se compose de 28 députés », indique un rapport rédigé par un député pour l’Assemblée nationale en 2023.
La répartition de ce titre entre ces deux autorités remonte à la fin du XIIIe siècle.
« Après des années de conflits acharnés opposant les comtes locaux et l’Église pour la souveraineté de l’Andorre, la conclusion de deux traités connus sous le nom de ‘Pareatges’ a mis un terme aux affrontements. Ces accords ont été ratifiés en 1278 et 1288 par l’archevêque d’Urgell, Pere d’Urg, et le comte de Foix, Roger Bernat III », relate le site Andorra Turisme, organisme public chargé de la promotion touristique du territoire.
C’est ainsi qu’est née la principauté d’Andorre. Par la suite, « au fil du temps, la fonction de co-prince d’Andorre est passée du comte de Foix au roi de France, puis, après l’avènement de la République, au président français », détaille le même site.
La question de l’avortement au cœur des échanges
Durant son séjour en Andorre en tant que co-prince, Emmanuel Macron, selon l’Élysée cité par l’AFP, abordera la question délicate de l’interdiction de l’avortement, toujours en vigueur dans le pays, ainsi que l’avancement de l’accord d’association avec l’Union européenne.
Andorre demeure, avec le Vatican, l’unique État d’Europe à proscrire entièrement l’interruption volontaire de grossesse (IVG), y compris dans les cas de viol, d’inceste, de risque pour la santé de la mère ou de malformations du fœtus.
